Léon Meganck.................................................................. René Rochette.

Licencié en Sciences Botaniques........................................ Enseignant retraité.                  

Ancien collaborateur du Professeur Paul DUVIGNEAUD.........Guide nature.                                 .

en collaboration avec Christian, Gilbert, Jean-Louis, Raymond, Jean, Annie, Sylvie, Marc, Marie-France, Evelyne, Willy , Bernard , Magali , François et …      

…Présences et Actions Culturelles que préside Jean, vous présentent…


                PROMENADE FORESTOISE 1b.SDC10723

                 ABBAYE ET HOTEL COMMUNAL.

 

 

Sous le patronage de Marc-Jean Ghyssels,  Premier Echevin. 

Editeur responsable : renerochette@yahoo.fr

1er Juillet 2011

blog : http://forest12.canalblog.com

 

REMERCIEMENTS.

Nous avons le plaisir de vous offrir ce syllabus et ce blog consacrés à notre Abbaye et à notre Hôtel Communal. Un travail d’équipe réalisé avec l’aide de fonctionnaires communaux enthousiastes et compétents, avec la présence de membres du Cercle d’Histoire et du Patrimoine de Forest, et celle de membres du cercle Présences et Actions Culturelles de Forest. Et puis avec Bernard qui nous a dit un jour « Et pourquoi ne pas mettre vos promenades en blogs ? ». Il a fait cette proposition avec tellement de conviction que nous lui avons demandé de les réaliser.

Un très cordial « Merci à tous ! ».

Forestum, revue du Cercle d’Histoire et du Patrimoine de Forest.

            176/4, Avenue Van Volxem- 1190 Forest Bruxelles

            Présidente :Nelly De Roover-Dryon, tél. : 02 376 55 09

 

Pacotille, revue de Présence et Actions culturelles, section de Forest.

            Maison de la Solidarité « Les Eglantines »

            Rue des Glands 31, 1190 Forest .

            jseghers2003@hotmail.com

 

ITINERAIRE.     

René 1b Scan 001                                                                            

Promenade Ib – Table de matières.                                 

P1  - présentation.

P2  - Itinéraire – Nos deux cercles culturels.

P3  - Table de matières.

P4  - Plan de l’Abbaye par Dewez.

1         -  Fontaine Saint-Denis.

2         -  Choix du site.

3         -  Histoire succincte de notre Abbaye.

4         -  La ferme Veehof.

5         -  Ensemble des bâtiments de l’Abbaye.

6         -  Eglise abbatiale ou Binnenkerk.

7         -  l’Abbesse, le village et les villageois.

8         -  la décadence.

9         -  L’Abbaye depuis la dislocation.

10    -  Le Jardin des Quatre Saisons. Le jardin participatif.

11    -  Le square Omer Denis.

12    -  Pause nature : le Séquoia, le tulipier...

13    -  La Maison communale avant-hier.

14    -  L‘Art Déco, généralités.    

15 - La Maison Communale avant-hier

16 - L'Hôtel Communal hier

17 - L'hôtel Communal aujourd'hui

18 - L'Hôtel Communal, projet  

19 - Contrat de Quartier Saint-Denis  

20 - La rue de Barcelone

21 - Rue de Liège

22 - Carrefour rue de Liège et rue Vanpe

23 - Rue Vanpé

ANNEXE       

Plan de l'Abbaye par Dewez  

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1 - Fontaine Saint-Denis.

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Existait déjà en 1352, selon Herdies (Sint Denysborre).

Wauters la signalait en 1379, en parlant de

            la Place Den Dries, appelée ultérieurement

            Grand-Place puis

            Place Communale.

Elle s’est appelée « Fontaine Saint-Benoît » au début du 19ème siècle quand une statue de ce saint la surmontait. Nom qui lui est resté, dans les habitudes de certains Forestois.

Anecdotes.

            -En 1824, les eaux ont été détournées par un habitant, brasseur, pour

            son usage personnel.

            -vers 1870, à la construction du chemin de fer, un tunnel-aqueduc encore visible aujourd’hui, permettait le passage vers la rue de Monte-Carlo. Y passer constituait une épreuve de courage pour les petits Forestois de l’époque.

L’eau provenait des sources situées au pied du Beukenberg. A la fin, la source située entre l’Avenue d’Uccle et la rue Prosper Matthys approvisionnait également la fontaine.

Une question : après les travaux de 2002, est-elle encore fonctionnelle ?

Aux dernières nouvelles, l’eau n’étant plus potable, la fontaine a été coupée.

Mais dans les projets de rénovation de la Place Saint-Denis, une arrivée d’eau a  été maintenue à proximité du kiosque.

Depuis toujours, un réseau interne d’aqueducs de pierres et de tuyaux de plomb alimentait toute l’abbaye.

 

2 - Choix du site d’une abbaye en général et particulièrement de la nôtre.

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…le long d’une rivière aux eaux claires et poissonneuses, la Senne et surtout le Geleytsbeek.

A l’écart des voies de communication importantes. L’isolement est propice à la quiétude des lieux et à la méditation des religieuses. A cette époque, deux voies de communication joignaient le sud du pays à Bruxelles :

-La Heerbane de la vallée, dont le tracé était proche du cours de la Senne. Elle date des premiers siècles du Moyen-Age lorsque les seigneurs d’Aa construisirent leur Kastel.

-Et La Heerbane des collines qui passait par les actuelles rue Gatti de Gamond et Avenue du Domaine.

                        NB : Heerbane = route des armées.

Ce n’est que bien plus tard,  vers le 18ème Siècle, que la Chaussée de Forest devint partiellement Chaussée de Bruxelles en partant de l’Abbaye.

 

Bref , un site permettant aux habitants de vivre…SDC10632

-         de la culture et de l’élevage , 5 ou 6 fermes importantes fournissaient à toute la Communauté, abbaye et village,  les produits agricoles nécessaires.

        « L’élevage  occupa une place importante dans la vie du village. Aux

          fourrages produits par le Dries et les autres pâturages de la vallée

         s’ajoutaient ceux des bords des chemins, ceux des champs et,

         pendant le Moyen-Age, ceux des clairières et des bois eux-mêmes…

         Vaches, moutons et chevaux trouvaient donc ample nourriture. »

-         de la chasse. Tout le versant et presque tout le plateau forestois, ucclois et saint-gillois étaient boisés et riches en gibier. Tellement que par la suite les princes firent de ce lieu l’endroit de prédilection pour leurs activités et s’en firent réserver l’accès.

-         de la pêche. Dans les ruisseaux, les rivières ou les étangs aménagés à

cet effet.

 

Ainsi, à la base du versant boisé, face aux vertes étendues des prairies riveraines de la Senne, surgit une humble agglomération de maisonnettes en bois et torchis, recouvertes de chaume, les unes servant de logement aux religieuses, les autres utilisées pour les besoins spirituels et matériels de la Communauté.

 

3 - Histoire succincte de l’Abbaye.

 

Abbaye d’Afflighem.

Six chevaliers païens et sanguinaires, sous la conduite de Gérard le Noir sont convertis par le moine Wéry. Pour obtenir le pardon de leurs fautes, le moine  les oblige à  construire  une abbaye là où ils avaient commis leurs méfaits, à Afflighem.

Gilbert d’Alost part en croisade et confie sa mère et sa sœur à cette abbaye qui pour ces circonstances, crée en 1106, à Forest,…

…un prieuré, placé sous la protection des seigneurs d’Aa. Depuis le 7ème siècle, il y existait déjà un oratoire, auquel s’était ajoutée une chapelle.

En 1238,l’abbaye de Forest, devenue très puissante, acquiert son indépendance,  malgré l’opposition de l’abbaye d’Afflighem, mais avec l’accord du pape qui en rédige une bulle, et la reconnaissance des ducs de Brabant, leurs seigneurs. Pétronille de Gand devient la première Abbesse de la « Riche abbaye des filles nobles ».

Huit siècles d’existence ont été marqués par bien des vicissitudes . Retenons particulièrement

            En 1430, la lutte des Autrichiens et des Bourguignons .         

            En 1582, incendie suite aux luttes entre les luthériens et les calvinistes.

            Au 17ème siècle, conflits importants avec les rois Louis XIV et Louis XV .

            En 1764, un incendie accidentel détruit une partie des archives.

l’architecte DEWEZ reconstruit l’Abbaye, sauf le cloître.

 

En 1794, les religieuses fuient les Français et  emportent leurs reliques. Celles-ci ne reviendront que le 17 juin 1823, date à laquelle elles seront exhibées au peuple de Forest, en présence  du mayeur, le comte Cornet de Ways - Ruart..

En1964, la Commune acquiert « le site de l’Abbaye amputés d’édifices démolis et incendiés ».

 

4 - La visite commence par la fermeVeehof.

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La ferme du Moyen-Age et du 18ème siècle est devenue notre « parking » .

Observons le plan de Dewez… pour essayer d’y découvrir

            Le pigeonnier                    le poulailler

            La bergerie                         la porcherie

            Les écuries.

Pour y produire des pommes, des poires, des cerises, des noix.

Pour y cultiver le froment, le seigle, l’orge, le houblon, le lin, le colza…

Et les légumes…

Pour y élever veaux, vaches, cochons, moutons, brebis, chevaux…

Une grande partie des bâtiments se trouvaient sous les actuels jardins et maisons de la Place Saint-Denis. Les prairies s’étendaient jusqu’à la Senne.

Cette ferme fournissait une grande partie de l’alimentation de la communauté.

Les potagers étaient exploités directement par les moniales avec l’aide de villageois jardiniers salariés. L’intérieur même de l’Abbaye, la grande cour actuelle en forme d’hémicycle, était cultivé. Pois, haricots, fèves, vesces, carottes, navets, choux particulièrement de Bruxelles, topinambours, pommes de terre, tabac, salades y poussaient sous les mains expertes. Au gré du temps et des découvertes bien entendu.

D’autres villageois prêtaient main forte à cette organisation : charretiers, valets de ferme, porchers et leur chef…

Rappelons qu’une partie des vignobles se trouvaient « intra-muros » vers l’actuelle rue Saint-Denis

« La 34ème Abbesse, Françoise de Belle, porta l’Abbaye de Forest à une incomparable célébrité…Sa mort, survenue le 29 août 1666, marque le point culminant de la splendeur de l’Abbaye, dont voici la description :

 

            Le domaine était clôturé par des murs sur trois de ses côtés ; la Senne longeait le quatrième. Des jardins magnifiques, des allées superbes, d’immenses vergers, trois pièces d’eau étaient enclavées dans cette enceinte. Il s’y trouvait aussi une petite chapelle, l’église actuelle, et la grande église abbatiale de style gothique ; les bâtiments divers servant d’habitations, d’écuries, de granges.

            Le cloître affectait la forme d’un demi-cercle et reliait l’Abbaye proprement dite, la maison de l’Abbesse, à la «Maison des Etrangers » qui lui faisait face sur la cour d’honneur et où se tenait aussi la « Table des Pauvres ». Le cloître donnait sur une grande cour dans laquelle on pénétrait par une porte monumentale, flanquée de deux bâtiments à lucarne, habitation des sœurs tourières. Cette porte était légèrement en contrebas de la route de terre menant à Bruxelles. Elle était ombragée d’un bosquet dans lequel avait été taillée l’allée d’entrée. »

 

5 - Après la ferme selon le plan de Sanderus, consultons l’ensemble de l’Abbaye  imaginée et réalisée par Dewez…

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Rappelons que c’est une Communauté qui peut pratiquement  vivre en autarcie.

Nous allons donc y trouver tout ce qui est nécessaire à une communauté pour subsister.  Nous vous invitons à localiser notamment…(au gré de nos lectures)

            La pharmacie, avec le dentiste et le chirurgien, l’hôpital,

            L’infirmerie

            Les ateliers, e.a. celui où on fabrique les bougies,

            Le hangar à bois,

            La buanderie, blanchisserie, la laiterie,      SDC10607

            La forge avec son forgeron, le maréchal ferrant,

            La carrosserie,

            La brasserie, les caves à vin, à bière,

            La maison des hôtes,

            La boulangerie ; l’abattoir

            Les remises pour les voitures, les charrettes…

            L’hôtellerie, la maison des hôtes

            Culture de la vigne, le tonnelier, le caviste.

            La briqueterie

            Le moulin, le kloostermolen, la meunerie,SDC10608

            La cuisine, le réfectoire, le salon,

            Le chapitre, le grand parloir

            L’école ( !)

            Les jardins, les potagers, les vergers,

            L’aumônerie, la maison du prévôt (près de la porte d’entrée)

            La grande cour avec galerie,

            Les étangs dont un savoir (un vivier)

            Les logements de l’abbesse, des sœurs et des converses

            La binnenkerk et la buitenkerk, le cloître.

            Les écuries (peerstallen), les étables (coestallen)

            Les poulaillers (kiekencotten)

Bon courage et merci pour vos suggestions. Il va de soi que l’existence même de ces activités et de leur situation ont certainement évolué au gré de 7 siècles.

Le Geleytsbeek a joué un rôle capital dans le complexe abbatial. C’est ce ruisseau important qui actionnait le kloostermolen. La roue du moulin est bien visible sur la gravure de Sanderus (vers 1660) et sur notre itinéraire de la promenade 1a….Ce qui nous donne à un aperçu du rôle important que jouaient un grand nombre de villageois.

 

6 -L’église abbatiale ou Binnenkerk.

 

           René 1b Scan 003 Certains font remonter la construction de  cette église en 1241, sous la direction de la première abbesse, Pétronille de Gand. D’autres, comme Albert Van Lil la datent de 1400 seulement .Ce qui est certain c’est que le 20 novembre 1447, Hughes de Danis, coadjuteur de l’évêque de Cambrai , vint y consacrer huit autels. La voûte datait de 1482 et l’église terminée fut consacrée le 9 octobre 1523 par Adrien, coadjuteur de l’évêque de Cambrai.

 

            Elle était édifiée en style gothique tertiaire, en forme de croix latine avec une grande nef, deux collatéraux et un transept. Le chœur orienté vers l’est était assez vaste pour pouvoir contenir les stalles des religieuses. . Ces stalles furent renouvelées en 1757 ; on peut encore les voir dans le chœur de la Cathédrale SS Michel et Gudule. La façade, quant à elle, était relativement simple et portait au-dessus d’un double portail une grande rosace telle qu’on peut en voir une à l’église du Sablon.

 

          René 1b Scan 009  L’église abbatiale fut ravagée pendant les troubles de religion au 16ème siècle et restaurée en 1606-1608. Le 3 mars 1797 l’édifice et son contenu furent vendus aux enchères par les Français. L’église fut démantelée pendant les années qui suivirent notamment par la population et par les autorités locales.

.

 

7 - L’Abbesse.

 

           René 1b Scan 014 Seigneure de la Communauté et du village, elle est élue par l’ensemble des moniales réunies en assemblée capitulaire…

Propriétaire des terrains.

Juridiction.  Au début, droit de haute justice.

A la fin, elle ne juge plus que les délits e.a. ceux relatifs aux bois et aux champs.

Taxation. Elle perçoit l’impôt des personnes. Elle peut aussi exiger une part des revenus de ses sujets qui  peuvent être payés  en nature et en monnaie.

Elle peut exiger des journées de travail gratuit pour l’entretien des voiries, le curage des fossés ou des cours d’eau…

Elle nomme les membres de l’échevinage forestois depuis 1186, maire, échevins, greffier.

De là à parler de démocratie comme certains l’ont prétendu…

Elle possède un sceau, une crosse tournée vers la droite.

Les moniales.

Depuis les origines, les religieuses se recrutaient dans tous les groupes sociaux, principalement au sein des familles de la noblesse et de la bourgeoisie.

En général de 20 à 30, maximum 50, un nombre volontairement limité pour que l’abbaye ne devienne pas trop puissante. Elles avaient fait serment d’allégeance à l’abbesse.

Parmi elles, certaines étaient chargées de tâches spécifiques

            La prieure

            La boursière

            Les maîtresses chargées de la direction des divers offices : le réfectoire, l’hôtellerie, l’aumônerie, l’infirmerie …

Cette répartition fonctionnelle évoque la nature des occupations quotidiennes des moniales. En premier lieu, naturellement, il s’agissait de se consacrer au culte de Dieu, de prier pour les morts et les agonisants…

Les converses.

C’étaient des laïques pieuses, ayant fait promesse d’obéissance à l’abbesse et qui s’étaient offertes à l’abbaye avec tout ou partie de leurs biens. Cinquante à soixante dames encadraient donc la Révérende Dame Abbesse dans la gestion d’une abbaye qui, au fil des années et des siècles, acquit une importance considérable.

L’intervention de prêtres s’imposait pour l’exercice de certains cultes ; ajoutons-y un confesseur, trois chapelains, l’organiste et le sacristain…

 

 Le village et les villageois.

René 1b Scan 010

« Seigneure du village » était le titre principal de la Dame Abbesse. Elle nommait toutes les personnes qui y jouaient un certain rôle. Les pouvoirs étaient exercés au nom de l’abbesse par le maire, les échevins et leurs aides.

Le maire était à la fois le représentant de l’abbesse et du duc de Brabant. Il était notamment chargé

            de percevoir les cens seigneuriaux..

            du maintien de l’ordre et de la paix,

            de la surveillance et de l’entretien des chemins

            de la surveillance des récoltes….

Avec le temps, se sont ajoutés     René 1b Scan 024

Un maire –adjoint,

Un prater, sorte de garde-champêtre,

Des échevins,

aux fonctions essentiellement judiciaires.

 

Retenons à titre d’exemple le texte suivant…

 

            « La situation au mois d’août 1794 nous est bien connue grâce à un document administratif dressé, à la demande des autorités républicaines de Bruxelles par le notaire Caroly. Il s’agit d’un dénombrement des ménages et de leurs ressources en vivres et en bétail.

 

            La population forestoise compte à ce moment 120 ménages, plus l’abbaye dont le personnel resté en place s’élève à 40 personnes, les religieuses s’étant , elles, réfugiées à Cologne. Pour 107 de ces ménages, l’état dressé par le commissaire Caroly, … signale la profession du chef. Grâce à quoi il est possible de se faire une idée de la composition de la communauté  villageoise à la fin du 18ème siècle.

 

            Un curé,1 maire, 1 officier, 1 maître d’école, 2 fermiers, 1 meunier, 4 maraîchers, 3 jardiniers, 1 boulanger, 1 forgeron, 2 boutiquiers, 3 aubergistes,

1 cordonnier, 1 savetier, 19 maçons, 2 charpentiers, 2 menuisiers, 2 tailleurs d’habits, 1 tailleuse, 1 tailleur de pierres, 45 ouvriers, 8 ouvrières, 4 papetiers.

On voit donc que les ouvriers sont majoritaires. Mais il convient de remarquer aussitôt que nombre d’entre eux cultivent des jardins et exploitent même quelques champs, ce qui leur permet d’entretenir de la volaille, des lapins,, voire un porc ou une vache.. »

 

 

8 - Décadence et fin de l’Abbaye.

 

Elle a connu des moments difficiles, notre Abbaye au cours des 6 ou 7 siècles de son existence…destruction par les armées qui envahissaient la Belgique, particulièrement            celles de Louis XIV  et Louis XV…destructions au cours des guerres de religions…protestants, luthériens…

Mais chaque fois elle s’est relevée de ses cendres. Il est vrai qu’elle disposait en permanence

            de la présence dynamique d’une  Abbesse,

de la volonté de toute la communauté, même civile, de redresser la  situation et

            de moyens financiers propres, ou de prêts, pour repartir de zéro.

Jusqu’au moment où ses racines elles-mêmes sont détruites.

« Le couvent subsistait cependant encore en 1796. Le 19 novembre, les religieuses en furent expulsées par le gouvernement républicain français qui engloba l’abbaye dans les biens nationaux. Les bâtiments furent vendus à des particuliers qui en retirèrent d’abord tout ce qui pouvait avoir une valeur marchande quelconque et les transformèrent alors en manufactures… ».

 

La dernière Dame de l’abbaye fit placer à Forest un nostalgique mémorial :

            « A la mémoire des religieuses de l’illustre abbaye des Dames nobles de Forest qui reposent ici. Par V.M.F.S., leur dernière sœur. Puisse cette prière funéraire gage de mes douloureux regrets, rappeler aux cœurs sensibles, le souvenir de  leurs vertus et de leurs malheurs. RIP » 

Cette pierre est visible sur les murs extérieurs de l’Eglise Saint-Denis et nous la présentons aux  participants à la promenade Ia.

C’était la fin de 6 à 7 siècles de présence religieuse chez nous. Il faudra une dizaine d’années pour vendre les propriétés de l’Abbaye..

 

Epinglons au passage le destin de quelques grandes propriétés forestoises.

 

Jean Rouppe achète une maison et du terrain … Wijngaardveld…Messidor.

Jean-Charles Leroy  acquiert l’espace compris entre nos actuelles chaussée de Bruxelles, Avenue du Domaine et le Parc Duden …Vimenet, Zaman…

M Smits    se procure une partie du Kersbeekbosch …Tayart de Borms…Parc Jacques Brel

M Rousseau de Charleville devient propriétaire de l’ensemble de bâtiments de l’abbaye et de ses dépendances..

Mr Wijns de Rocour achète le moulin à papier

 

9  - L’Abbaye depuis la dislocation. Quelques dates…

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1810 –Démantèlement total des restes de l’Abbaye.

1823 – Retour de Cologne des reliques et de la châsse de Sainte Alène.

1830 – Victor Bal, propriétaire de l’usine de tissage et d’impressions d’indiennes, fait construire dans son domaine une villa entourée de jardins sur l’ancien emplacement de l’église abbatiale.

1872 – Le brasseur Borremans rachète l’usine de tissage de Victor Bal.

1912 –Inauguration du Parc Omer Denis en lieu et place de l’ancienne abbaye.

1938 – Des fouilles  sont effectuées sur l’emplacement de l’ancienne église abbatiale.

1944 –Le bombardement du 25 mai atteint les abords de l’hôtel communal. Une partie de l’ancienne brasserie  Borremans est détruite. Le site sera occupé peu après par les installations de fromagerie Franco-Suisse.

1951 –Sur le coin de la rue des Abbesses et de la rue Saint-Denis est construite la Krediet-Bank. Le nouveau presbytère s’installe au n° 15 de la rue des Abbesses.

1964 – Date mémorable – L’acte d’acquisition du site de l’Abbaye  par la Commune de Forest est signé le 18 septembre, 200 ans après la restauration de L.B.Dewez. Les travaux de rénovation seront confiés aux architectes forestois Marcel et Paul Mignot, tandis que le réaménagement des jardins sera assuré  par l’architecte-paysagiste  René Pechère, auteur du nouveau Mont-des-Arts à Bruxelles.

1970 – Les anciennes serres et les couches de semis sont démontées et font place au  « Jardin des 4 Saisons », appellation donnée en souvenir des jardins du même nom aménagés lors de l’Exposition 58  au Heysel. La fontaine qui se trouve au centre du jardin est une donation faite en 1932 par la famille Brugmann..

 1971- Une première campagne de restauration des bâtiments permet la rénovation du  pavillon d’entrée, des deux ailes en hémicycles et des portails Est et Ouest.

1994 – septembre –Le site de l’Abbaye est classé par arrêté du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale. L’arrêté comprend l’ensemble des bâtiments, y compris les éléments d’architecture disséminés sur le site, dont l’ancien mur abbatial.

2011 – Le permis d’urbanisme a été déposé pour la restauration de l’aile Est en vue d’y accueillir la bibliothèque francophone.

 

10 – Le Jardin des Quatre Saisons.

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Un jardin conçu et réalisé par l’architecte urbaniste René Pechère,

« Ce jardinier du cœur a semé l’art de 900 jardins, fait éclore une grammaire et fleurir une bibliothèque à la féerie unique. Cf Le Soir du 13 février 2008. »

« L’ancien espace réservé autrefois à la pépinière et aux serres communales a fait place au jardin des Quatre Saisons, aménagé et choyé par le personnel communal des plantations. L’élément central du jardin vient à point nommé  pour se rafraîchir et se détendre en SDC10645écoutant la fontaine nous conter l’éternelle importance de l’eau. La fontaine est entourée suivant les saisons par des  hellébores, des pivoines, des bégonias, des gouets maculés…Depuis 1975 un séquoia  veille sur le carrefour fleuri… » L’écrin de verdure qui masque aujourd’hui le parking VW ne manque pas d’intérêt. « Les conifères qui le composent sont diversifiés. Il y a là des cyprès de Lawson, des tsugas, des sapins bleus, un cèdre de Déodore, un cèdre de l’Atlas,  des genévriers, des pins noirsd’Autriche, des épicéas, des saules tortueux, un chêne pédonculé, un sumac de Virginie et un Gingko biloba. »…

…Ecrivait Léon Meganck il y a quelques années. J’ajouterai personnellement qu’en fonction des finances communales et des choix de nos responsables politiques, ce superbe espace peut être une merveilleuse aire de repos ou un dépotoir abandonné à l’action des vandales. RR 2008.

            En 2OO8, alors que la nature avait reconquis le site avec ses massifs d’onagres et de mauves, parsemés d’Herbes à Robert, de bourraches et de tant d’autres plantes de chez nous, une catastrophe, elle aussi naturelle, en a détruit l’harmonie : la Berce du Caucase a envahi les platebandes. Il a fallu tout détruire.  

Il existait également un jardin des plantes médicinales,  rappelant les préoccupations thérapeutiques liées à toute institution monastique : sauges, rhubarbes, lavandes, orties royales, lamiers blancs, chélidoines…

« Le Jardin Participatif de l’Abbaye inauguré

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C’est le titre de l’article paru dans l’édition n° 12 de FOREST INFO, « Hiver ».…Avec de nombreux projets liés à l’enthousiasme et aux compétences des organisateurs. En coordination avec de nombreux organismes forestois – la Maison des Jeunes, Dynamo, Les Educateurs des Rues, une école de Handicapés …- les Autorités communales ont déjà préparé le terrain afin d’accueillir plus tard plantes aromatiques, fleurs, compost et autres possibilités visant à développer la nature en ville et la convivialité.

 

11 – Le Square Omer Denis.

 

       SDC10649     Signalons que c’est ici, au Moyen Age, et le long de l’actuelle Chaussée de Bruxelles et de la rue Saint-Denis que se trouvaient les vignes intra-muros de l’Abbaye. Ultérieurement, le premier cimetière de Forest s’y étendait depuis la Buitenkerk.

Omer Denis est devenu Bourgmestre de Forest en 1904 et il le restera jusqu’en 1940, date de sa mort.

Avec bien des vicissitudes … par exemples…

Sa nomination, retardée par le Ministre de l’Intérieur, mécontent des résultats des élections,

Ou encore, en 1917, la visite des inspecteurs flamands nommés par les Allemands. Ceux-ci viennent repérer les élèves flamands qui fréquentent  les écoles forestoises.

Avec quelques anecdotes, comme « l’obstruction systématique du Conseiller Communal Boulanger….Interpellateur professionnel, Boulanger se servait d’une trompe d’auto pour couvrir la voix de ses interlocuteurs. Cf Verniers. ».

Avec bien des problèmes politiques à résoudre…

En 1912, il se prononça en faveur du Suffrage Universel en décrétant notamment que le 1er mai serait jour chômé par les travailleurs.                   C’est aussi l’époque d’une première fièvre d’urbanisation qui marque le développement de notre Commune.

C’est aussi sur ce square que nous pouvons marquer une « pause nature » devant la statue d’Eugène Caneel intitulée « l’Abondance ».

Le monument commémoratif. Il est l’œuvre de deux auteurs : l’architecte Van Neck pour les pierres et Victor Rousseau pour les bronzes. La sculpture est composée de deux figures féminines, « Souvenir Glorieux » et « hommage aux Morts ».

 

Le monument originel fut inauguré par le Prince Charles de Belgique et porte le nom de 166 héros forestois tombés pour la Patrie. Il fut complété par deux sculptures latérales du même artiste en hommage aux victimes de la deuxième guerre mondiale : « Effroi de la guerre » et « Douleur ».

 

12– Une page NATURE.

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Le séquoia gigantesque.

C’est un conifère dont le nom vient du chef indien Sequojah.  Inventeur de l’alphabet cherokee, c’était un homme particulièrement fort et persévérant. Signalons seulement quelques éléments spectaculaires…

Le spécimen le plus important, le « Général Sherman » possède des dimensions remarquables : Hauteur , 83 mètres, Diamètre, 9 mètres,Volume , 1400 mètres cubes, Masse, 1200 tonnes.

Cette espèce peut atteindre l’âge respectable de 3000 ans.  Seul le séquoia à feuilles d’If peut le dépasser en âge et en taille, mais on ne le rencontre que le long des côtes de la Californie.

Le Tulipier de Virginie.

C’est un des deux arbres remarquables de la plaine de jeux. Comme son nom l’indique, il nous vient de l’Amérique du Nord et ses fleurs nous rappellent qu’il appartient à la  famille des Magnoliacées. Son feuillage aux couleurs variables en fait un superbe arbre d’ornement. Vert tendre au printemps, brillant en été et jaune vif en automne.

La berce du Caucase. La lutte est engagée contre les plantes invasives qui supplantent nos espèces naturelles. Celle-ci peut atteindre                4 à 5 mètres de hauteur avec une ombelle de 50 cm de diamètre. On la rencontre d’abord le long des cours d’eau, le long des chemins de fer et maintenant un peu partout particulièrement chez nous.

Elle est toxique et provoque des inflammations  et des brûlures de la peau.

Le jardinier se munit d’un équipement particulier quand il veut l’éradiquer.

Il faut être particulièrement attentif aux enfants qui utilisent volontiers les tiges comme sarbacanes.

 

13 – La Maison Communale avant-hier.

           

René 1b Scan 012Jusqu’en 1828, cet emplacement était occupé par le presbytère. Cf carte de Dewez. Avec l’apparition d’un pouvoir communal élu par les citoyens, s’impose l’existence d’une maison communale.

Encore que celle-ci, érigée en cette année était particulièrement destinée à l’école et au logement de l’instituteur. Cette maison communale avait été inaugurée par Guillaume 1er.

Ultérieurement, le transfert des écoles dans les nouveaux locaux aménagés sur la place communale puis rue du Dries permet de donner de la place à divers services communaux en 1893.

Au rez-de-chaussée on retrouve le commissariat de police, les services de l’Etat Civil et de la Population et au premier étage, le secrétaire communal, le receveur communal, le Collège et le Conseil communal.

 

            Malgré  l’acquisition de quelques immeubles proches, les services sur place étouffent. Il va falloir un nouvel hôtel communal. D’autant plus que la population passe de 9000 à 30000 habitants en 1920. Mais où installer ce nouvel Hôtel Communal ? On a même suggéré « … à la place du terrain de football de l’Union Saint-Gilloise ! » Avec une opposition unanime des habitants et surtout des footballeurs. Alors, une seule solution…

            On démolit la maison communale,

            On transfère la cure dans un autre immeuble situé un peu plus haut

            dans la chaussée de Bruxelles.

            On utilise le château Zaman comme maison communale temporaire avec quelques annexes dans la rue du Curé, rue de Barcelone et Boulevard Van Haelen.

Le 27 mai 1925, l’architecte Jean-Baptiste DEWIN est désigné par le Collège pour réaliser les avant-projets.

Le 23 juin 1931, le Conseil Communal approuve les plans définitifs et confie le travail aux Ets Gillion. Le curé François accepte d’abandonner son presbytère.

Le 19 janvier 1934, présentation de la maquette en plâtre exposée actuellement dans la salle des guichets.

Adieu à la maison communale.

Bonjour à l’hôtel communal.

 

14 - Quelques mots sur l’Art Déco .

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Au lendemain du désastre de la Grande Guerre, les paysages de désolation et de dévastation de nos villes, imposent une reconstruction qui se veut résolument moderne.

L’alliance de l’économie des moyens, de la rapidité, de la solidité et l’image d’une modernité bourgeoise s’affiche dans le style Art Déco.

Inspiré par l’Art nouveau « géométrique », par les cultures d’Extrême Orient, mais aussi par la culture précolombienne, l’Art Déco se caractérise par des formes simples et géométriques mises en œuvre avec des matériaux nobles et nouveaux comme le béton armé en Architecture.

L’architecte s’entoure alors d’artisans (sculpteurs, maîtres verriers, ébénistes, peintres, …) pour concevoir ensemble une œuvre d’art urbaine.

La façade affiche un jeu savant d’articulations mis en scène :

-         par l’alternance de matériaux – briques, mosaïques, pierre bleue, enduits lisses.

-         par une surface scandée de retraits, de redents exaltée par un jeu d’ombre et de lumière ;

-         par la mise en place de sculptures en pierre, ou bronze qui viennent prolonger les volumes architecturaux et « racontent » des histoires.

 

L’ espace intérieur est richement décoré et participe à une véritable  promenade à travers une exposition des arts décoratifs.

René 1b Scan 017-         Le mobilier fait partie intégrante de la conception architecturale. Les lustres, les meubles, les portes, les clenches, les rambardes, le revêtement des sols et des murs, autant d’éléments qui participent à la mise en scène spatiale animée par une grande cohésion formelle.

-         Les marbres, les céramiques, les cuivres, les bronzes, les bois vernissés ou peints (tel l’acajou), les vitraux … autant de matériaux mis en œuvre dans la réalisation du savoir faire des arts décoratifs et qui simultanément évoquent des symboles, des allégories, la nature, …

A Forest, le style Art Déco est très présent. Commune bruxelloise de périphérie, son urbanisation et sa densification ont été plus tardives qu’à Bruxelles centre et dans les communes de première couronne. Cette architecture si caractéristique s’illustre essentiellement dans des bâtiments publics : l’Eglise Saint-Augustin, la maison communale, l’école 9 et sa piscine adjacente mais aussi à travers des demeures privées. Ces différents exemples jalonneront notre promenade à travers la commune, guidée par la brochure « Forest à la carte ».

                                                                                  Sylvie Mazaraky.

                                                                  Architetecte-urbaniste.

 

15 -L’Hôtel Communal, hier

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            Il est donc l’œuvre de l’architecte Jean-Baptiste Dewin, le même qui dressa les plans de l’hôpital Saint-Pierre et celui, à Forest, d’une grosse villa située au n° 35 de la Rue Meyerbeer.

            Il occupe l’emplacement de l’ancienne Maison Communale et de

            l’ancienne Cure.

            19 mai 1935, pose de la première pierre.

            28 janvier 1936, réception du gros œuvre,

                                  Réception définitive…

Total des principaux travaux 4 500 000 F de l’époque, payés par la Compagnie des Gaz, auquel il faudra encore ajouter le prix à payer au menuisier, au vitrier, au plombier, à l’installation de l’électricité et du téléphone et à l’acquisition des marbres et des ameublements.

L’inauguration en grande pompe a lieu le 9 juillet 1938. La tour qui abrite un carillon mesure 48 m de haut.

 

16- L’Hôtel Communal aujourd’hui.

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Observons-le d’abord de loin.

            En nous rappelant  que la période 1920-1939 est présentée comme « les années folles ». Pas pour tout le monde semble-t-il. La grande crise économique de 1930 et les revendications syndicales constantes prouvent que  certains ne partageaient pas le même bonheur.

En tout cas ;

            Einstein, Lindbergh ouvrent des horizons.

            Cocteau, Freud, Picasso, Van Gogh…changent nos critères de références dans tous les domaines .

 

Et l’architecture devient fonctionnelle.

Elle évolue vers plus de simplicité avec notamment l’emploi de nouveaux matériaux tels le béton armé et le verre. Les lignes droites ou brisées, les formes géométriques s’imposent tant à l’extérieur qu’à l’intérieur des immeubles. C’est l’époque marquée par l’Art Déco, un art total selon nos architectes car, comme l’Art Nouveau, il marque de son empreinte tous les éléments de l’immeuble, depuis les ustensiles de cuisine jusqu’aux meubles, aux lustres et aux décorations intérieures des portes.

Ici, nous n’en retiendrons que l’architecture avec ses lignes sobres donnant au monument une impression de puissance ... Même les sculptures aux formes simples voire symboliques s’harmonisent avec la forme générale de la façade.

Avant d’aller analyser de plus près les éléments de notre Hôtel Communal,  ne ratons pas les statues de la tour dont la plus impressionnante représente l’homme défenseur des droits des citoyens. Elles sont les œuvres de Jacques Marin et de Marnix d’Haveloose.

Avec ses 600 kg, dorés pour en assurer la protection, notre défenseur en impose encore plus si vous avez l’occasion de venir admirer de plus près la copie en plâtre exposée à l’intérieur du bâtiment.

Victor Rousseau en a marqué la décoration de son empreinte. Retenons particulièrement les deux grandes œuvres à front de l’édifice :

            Le Droit Communal et tout particulièrementSDC10661

            Sainte Alène avec son bâton d’avelinier.

Bien d’autres artistes ont apporté leur concours. Retenons celles de …

…L’entrée officielle , réalisées par Georges Vandevoorde

            « Le grand auvent devant l’entrée d’honneur est supporté par quatre piliers et deux demi- piliers dont la partie supérieure porte un bas-relief d’environ un mètre carré sur chacune des faces. Les 18 reliefs sont réalisés par le sculpteur Georges Vandevoorde sur le thème des différentes phases de la vie de l’homme, de la naissance à la mort. Chacun des quatre piliers correspond à une période de la vie selon une division qui évoque discrètement les quatre saisons..

          Pilier avant gauche : la naissance, l’enfance, l’adolescence, la milice.

            Pilier avant droit : les fiançailles, le mariage, l’âge viril, la maternité.

            Pilier arrière droit : la famille, l’âge mur, le foyer, la gourmandise, la

            Joie.

            Pilier arrière gauche : la vieillesse, la mort, la peine.

 

Si vous poussez la porte d’entrée, vous vous laisserez imprégner par cet Art Total : le revêtement du sol en marbre marqué par une composition graphique, 38 mètres carrés de vitraux dessinés et réalisés par Balthus et Colpaert, par les boiseries garnies d’éléments fonctionnels en bronze et par de nombreux lustres authentiques.

…et de l’entrée du public, rue du Curé, également réalisée par Georges Vandevoorde.       

            Comme celui de la façade principale, l’auvent est supporté par  quatre piliers et deux demi- piliers dont la partie supérieure porte un bas-relief sur chacune des faces. Les sculptures ont pour thèmes les métiers anciens et modernes de la Commune : brasseur, tanneur, cordonnier, métallurgiste, chimiste, blanchisseuse… » (Documents provenant des services communaux.)

Bien d’autres artistes concourent à l’harmonie et à la beauté de notre Hôtel Communal. Pour une étude plus approfondie, nous vous recommandons les visites organisées par des spécialistes lors des journées portes ouvertes.

 

Ajoutons que le mobilier, fonctionnel pour l’époque, était assorti à l’ensemble du bâtiment.  Restauré partiellement, il sommeille dans des caves ou des locaux désaffectés. Précisons toutefois que certaines salles de prestige abritent encore ce mobilier d’époque : salle de mariage, salle du Conseil et salle du Collège.

 

On pourrait peut-être l’exposer avec tous les trésors de la Commune – témoignages historiques, peintures de maître très nombreuses chez nous …-dans un musée communal.

Où ? Dans les vastes « greniers » de l’Hôtel Communal.

Quand ? Dès que la rénovation sera terminée.

 

17 – Projets pour l’Hôtel Communal.

 

            A voir l’état des lieux, même rapidement, le travail ne manque pas et devient de plus en plus urgent. L’altération des briques, la dégradation des vitraux notamment en constituent des évidences.

 

Un plan de travail a été élaboré. En voici quelques étapes..

            En 2004, premiers projets conjointement par la Commune et la   Commission des Monuments et des Sites. Analyse et synthèse.

En 2005-2006, Estimations et mesures d’urgence. Dossiers d’adjudication.

En 2007-2008, Appels d’offres et désignations. Contrôle par les pouvoirs de tutelle.

Printemps 2009, début des chantiers, avec, à titre d’essais, la mise en place d’échantillons notamment ceux des chassis.

 

Restons optimistes au vu de quelques notes encourageantes du dossier.

-         A l’intérieur du bâtiment, on constate un bon état de conservation du sol, des murs, des menuiseries, du mobilier…

-         … bon état des marbres

-         … le très bon état des ferronneries,  et, pour terminer,

« …l’Hôtel Communal de Forest a conservé sa vocation, son organisation… et possède une distribution des espaces tout à fait exemplaire et agréable et en aucun cas obsolète. Le choix de la valorisation de ce patrimoine unique, à la fois stylistique et organisationnel, permettant aujourd’hui encore une utilisation aisée, nous paraît évident . »

 

Mais réalistes. L’utilisation systématique de ces bâtiments depuis plus de 70 années a laissé des traces. Avec en plus

-         des infiltrations d’eau ont causé des dégradations,

-         …des faux plafonds dans certaines zones de bureaux,

-         … des cloisons ajoutées…

Et un constat particulièrement étrange : le manque de travaux d’entretiens a  permis de maintenir l’authenticité des projets originels.

 

Avec une ferme intention de réaliser un travail impeccable.

A titre d’exemple « Des sondages et analyses complémentaires  ont été réalisées en vue de pouvoir identifier la nature de certains matériaux, leur finition d’origine, afin de permettre d’orienter les choix et les méthodes à mettre en œuvre lors de la restauration. Ces études portent sur des      investigations stratigraphiques ( salles des Mariages et du Collège), des identifications des espèces de bois et des recherches de finition des marbres et des ferronneries. » .

 

Aux dernières nouvelles, la revue communale Forest-Info n° 13 printemps 2011 précise…  «  les travaux devraient commencer au début 2012 avec un budget de 11 824 718 €  dont 9 459 744 € déjà votés par la Région de Bruxelles-Capitale »

Nous ne sommes pas les seuls à l’espérer.

 

18 – Contrat de quartier.Généralités.

 

            Le contrat de quartier est un  programme destiné à revitaliser un quartier fragilisé, défini par un périmètre et durant une période déterminée.

Le contrat Saint-Denis (2004-2012) est subventionné jusqu’à 13 millions d’€ par la Région Bruxelloise. Il est entré dans la dernière phase d’achèvement des travaux. Deux autres quartiers forestois bénéficient des mêmes avantages ; le quartier Saint-Antoine et le quartier Primeurs/Pont de Luttre.

 

Plusieurs projets.

 

Rénovation et construction de logements sociaux.

Rénovation et création d’espaces publics et d’infrastructures

publiques. Ici, la Rue de Liège et les trois rues qui longent l’Hôtel

Communal…asphaltage,, nouveaux trottoirs, mise en place de

Ralentisseurs, plantation d’arbres et nouveau mobilier urbain.

Mise en place d’initiatives socioéconomiques avec notamment

une majoration de primes à la rénovation et à l’embellissement des

façades….

 

Nos deux promenades,

 

            Ia, Forest Saint-Denis - c’est alors que nous irons observer les travaux

            de la Rue de la Station et ceux de la place Saint-Denis. Etant situés en

            dehors de nos itinéraires, nous ne citerons que pour mémoire ceux

            du 151 Chaussée de Neerstalle et ceux du 58, rue Saint-Denis.

 

            Ib, Abbaye et Hôtel Communal

sont en plein centre de ce contrat qui s’étend de l’Avenue Dumonceau jusque la Rue des Carburants.

 

19 - La Rue de Barcelone.

 

        SDC10592    Capitale de la Catalogne, Barcelone est une grande ville portuaire. La rue emprunte son nom à celui donné au cabaret « A Barcelone » sur le coin que forme notre artère avec la Chaussée de Bruxelles. Démoli en 1978, l’établissement encore appelé « chez Blampain », abritait un local pour colombophiles et les vols de pigeons étaient orientés vers Barcelone, ce qui justifiait l’appellation.

            Auparavant, la rue s’appelait « Schoolstraat », rue de l’Ecole, rappelant que l’établissement scolaire avait été construit en 1828 sous le règne du roi Guillaume Ier. Après la Révolution belge le bâtiment devint aussi la maison communale.

            « En 1875, l’instituteur Smets ayant démissionné et Bricout,son successeur, étant célibataire, le Conseil décide de disposer de l’appartement du premier étage jusqu’alors réservé au maître d’école, et de l’utiliser comme salle des délibérations et des mariages…

…Une plainte, examinée par le Conseil l’année suivante, fournit une plaisante image de l’état des choses au moment où le village commence à ressentir les premiers effets de l’urbanisation. Elle signale que le garde-champêtre utilise le charretier communal, son cheval et sa charrette sur les terres qu’il tient en location et, que de plus, ce fonctionnaire se sert de la maison communale comme grange et grenier… »

 

            Avant l’installation du chemin de fer Bruxelles-Luttre en 1870, la rue de Barcelone se prolongeait jusqu’à l’avenue de Monte-Carlo.. Elle fut rebaptisée le 24 décembre 1915, car il existait déjà une rue de l’Ecole à Molenbeek-Saint-Jean.

De l’aspect antique et particulièrement charmant de la rue de Barcelone, il ne subsiste que les deux escaliers qui mènent au Chemin d’Accès. Ces escaliers pittoresques à souhait sont sans doute les rares exemples à Forest de volées en gros pavés arrondis et inégaux.

 

La promenade dendrologique réalisée par Daniel Geerinck avec l’aide de Marc Dellisse signalent la présence notamment d’un sophora, d’un noyer d’Europe, d’une double allée d’érables à feuilles bronzées (Acer platanoïde), d’un saule de Beijing (Salix babylonica), d’un peuplier baumier (Populus trichocarpa) d’un bouleau verruqueux, d’un chêne pédonculé d’un févier d’Amérique (Gleditsia triacanthos) d’un sapin de l’Orégon (Abies concolor) …

 

Le contrat de quartier,  proposé en cette année 2007, prévoit sur cet espace

            12 unités de logement.

            Une maison communale de l’accueil de l’Enfance.

            Une crèche pour 24 enfants…

 

Espérons que le petit bois voisin continuera à accueillir les nombreux oiseaux qui y ont trouvé refuge : plusieurs espèces de mésange et de grives. Tout maillon vert et écologique mérite bien un peu d’attention.

 

20- Rue de Liège. Luikstraat.

 

          SDC10181  Dans le langage populaire flamand « luikstraat », mot du moyen neerlandais, provenant de « leuke », désignait une rue courte et étroite.
La rue qui reliait la Rue de Barcelone à la Rue Vanpé était effectivement « courte et étroite ». ...Mais en aucun cas elle n’a de lien avec les Forts de Liège et la guerre 14-18.

Sur la carte de Popp (circa 1855), il est fait mention de la « Eysbakstraat ».

Sur l’Atlas des voies navigables, il est indiqué un ruisseau en provenance du Beukenberg et qui emprunte la Petite Vuylstraatken, petite rue malpropre, actuellement rue du Curé, pour aller grossir les eaux du Geleytsbeek, derrière l’église. Mais lors de la création du chemin de fer Bruxelle-Luttre, en 1872, on voûte le ruisseau dont le débit diminue considérablement. Les  eaux se perdront alors dans un puits qui sera finalement comblé en octobre 1906. Le lieu est toujours connu sous le nom de « Eysbak » et parfois encore sous celui de « Denijsbak ».

 

          SDC10656  A l’endroit où se trouve maintenant un centre de Récréation en ruine, il y avait une cité dite « Van Stickel »,  un alignement de maisons perpendiculaire à la Rue de Liège. Rappelons que le nom d’une cité était donné en fonction du premier habitant de celle-ci.           Devant ce centre, a été érigée une plaque commémorative avec le libellé suivant :

           

Aux victimes du bombardement.

Aan de slachtoffers van deboomaanval.

 

25 – 5 – 1944.

René 1b Scan 008Un certain nombre d’habitations ont subi les effets de ce bombardement et on déplora la perte de 19 personnes et une dizaine de blessés.

La Rue de Liège fut autrefois très animée. Il faut dire que l’ambiance avec les 3 cafés de « L’Eysbak » était largement assurée. Les vieux Forestois ont encore en mémoire les parties de « balle pelote »qui s’y déroulaient. D’où le nom  du café situé au coin de la rue du Curé et de la rue de Liège « A la petite Pelote ».

Dans le contrat de quartier en cours, cet espace est réservé principalement à du logement. Les travaux avancent à grands pas. A partir du 14 juin 2010, l’entrepreneur dispose de 250 jours ouvrables  pour terminer la construction de cet immeuble passif comprenant

            14 logements,

            Une salle polyvalente avec un équipement collectif de proximité

            et des bureaux du CPAS.

21 – Carrefour Rue de Liège // Rue Vanpé.SDC10736

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23 - La rue Jean-Baptiste VANPE.

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Jean-Baptiste Vanpé (1829-1902) était directeur de l’Ecole Moyenne de Bruxelles et fut Echevin à Forest de 1874 à 1883.. Jadis, la rue s’appelait Kwadestraat avant de devenir Goedestraat. Le 22 février 1876, elle devint

officiellement la Vorststallestraat. Enfin, le 7 septembre 1906 elle est consacrée à J.B.Vanpé. Elle fut pavée entièrement en 1855.. En direction de la Place Saint-Denis, pointons au n° 50 les bureaux du CPAS, maintenant transférés rue de Liège, à la résidence de l’Hermitage.. Un certain nombre de services communaux ou paracommunaux y ont élu domicile. Ce bâtiment remplaçait l’ancienne villa que Louis Momm y fit bâtir en 1868. C’est en 1911 que des transformations importantes avaient permis d’y accueillir l’école des Sœurs de Marie, subsidiée par la famille Momm. Cette école était familièrement surnommée la « Kabaskeschool », kabas désignant une musette en fer blanc dans laquelle on apportait ses tartines.

 

SDC10701Fortis a remplacé la CGER – Caisse Générale d’Epargne et de Retraite – laquelle avait été construite sur l’emplacement du magasin « chez Rooske », marchande de bonbons, de boule et de « bombes atomiques ». Ces friandises et sucreries faisaient la joie des bambins de l’époque. La maison  elle-même de ce « bollewinkel » datait de 1892 et son premier propriétaire s’appelait Baptiste Degreef.

 

La Rose, tel était le nom du café devenu le Davila, après s’être appelé le Wembley pendant très longtemps. La Rose était une brasserie ; on y bouillait le malt concassé avant de l’additionner d’eau pour en constituer un brassin.

Henri Herdies, notre folkloriste inspiré, relate que la Rose connût des fortunes diverses. Retenons

            En 1582, le cabaret est brûle par les calvinistes.

            En 1612, La Rose est mentionnée comme étant un bien foncier avec

            habitation, grange, étables et « trous à porcs »…

            En 1669, La Rose est le siège de la gilde des Archers de Saint-Sébastien ;

            La perche était plantée sur la place.

            Démoli en 1902, l’immeuble est reconstruit en 1903 et porte le nom de

            « Estaminet à l’Ancienne Porte Verte. » avec une enseigne indiquant

            « La Colombe Forestoise ».

 

Gilbert Jacobs avait évoqué « sa »rue Vanpé dans le périodique du Cercle d’Histoire – Forestum n° 23 – mai 2007. Gilbert nous a malheureusement quittés il y a peu, mais son texte nous est resté…

« En deçà du pont, il y avait un petit cordonnier qui travaillait à sa fenêtre. Deux toutes petites maisons accolées qui existent toujours. En face, le talus du chemin de fer, avec un grand escalier pour parvenir à la gare et un petit chemin tracé, parfumé d’aubépines, préféré par les jeunes. Au delà c’était l’école des filles.

En face, il y avait le boulanger qui le premier s’était équipé d’une machine à couper le pain par un système guillotine. Le pain d’un kilo coûtait 1 franc + 10 centimes pour la coupe et l’emballage. Plus bas, à part un local qui deviendra plus tard un local du REX, ce n’était que commerces de toutes sortes.

La grande fête de la rue était la braderie annuelle que le Bourgmestre Omer Denis inaugurait à la tête de son Collège. Les gosses se faufilaient à sa suite car il les faisait bénéficier des friandises offertes par les commerçants.
C’était des plaisirs simples pour gens simples qui, travaillant beaucoup, avaient peu d’occasions de faire la fête. »

ANNEXES.  En complément d’information…SDC10637

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