Léon Meganck                                                     René Rochette

                      Licencié en sciences botaniques                                         Enseignant retraité


                      Sous le patronage de Marc-Jean Ghyssels
                     Premier Echevin de la Commune de Forest.



              En collaboration avec Christian, Gilbert, Jean-Louis, Raymond, Marc ,Annie,
                Sylvie, Marie-France, Evelyne, Willy, Bernard, Magali, Paul, François et


  Jean , Président de Présence et Action Culturelles - section de Forest.



Vous présentent …


dans le cadre des promenades forestoises,


800px_VorstStDenijs
              Forest Saint-Denis


Trois de nos promenades sont déjà présentes sur notre site :

http://forest12.canalblog.com

Editeur responsable : renerochette@yahoo.fr                                                          Janvier 2012


              

 


                                                 Table de matières.


    Pp1 et 2 – Présentation.
    P3          -  Table de matières.
    P4         - Itinéraire.


        1 – Connaissons notre Commune.
        2 -  Fontaine Saint-Denis.
        3 -  Entrée monumentale entre deux rangées de tilleuls.
        4 -  Disposition actuelle des bâtiments.
        5 -  Binnenkerk- Buitenkerk.
        6 -  Histoire de l'église Saint-Denis.
        7 -  Extérieur de l'église.
        8 -  Deux arbres historiques, un arbuste légendaire.
        9 -  Sainte Alène.
        10- Chaussée de Bruxelles.
        11- Place Saint-Denis.
        12-  Immeubles « nord » de la place.
        13-  Rue de la Station.
        14-  Rue de Hal.
        15-  Rue de l'Eau.
        16-  Rue du Dries.
        17-  Rue Caporal Trésignies.
        18-  Immeubles « sud » de la place.
        19-  Nele et les autres Géants de Forest.
        20-  Contrat de Quartier et « Parcours Ville ».
 

           
1 – Connaissons notre Commune.

    Á l’origine, « Vorst » signifie prince ou souverain. Vorstbosch est un bois princier. C’était la partie de laRen__Scan_plan__eglise_004 forêt que l’empereur s’était réservée pour ses chasses et ses distractions.  Vorst fut ensuite traduit en latin d’église par forestum, dont on a tiré Forest, sans rapport avec le massif forestier de Soignes. Actuellement, la Commune fait partie de l’arrondissement administratif et judiciaire de Bruxelles et relève de la Justice de Paix d’Uccle. Sa superficie est de 664 hectares et en 1992, elle comptait 46.176 habitants.

Hydrographie.
Le réseau hydrographique de Forest appartient au bassin de la Senne. Le seul ruisseau que mentionne l’Atlas des cours d’eau est le Geleytsbeek, dont il est question dans les promenades 4 et 9. Quant à la Senne, sans vouloir en parler plus longtemps, retenons qu’elle constitue pendant un demi-kilomètre la limite administrative entre Anderlecht et Forest. Notre Commune  occupe le versant oriental de la vallée . Son relief est très marqué. Le point le plus bas est situé à 18 mètres au-dessus du niveau de la mer et son point culminant atteint 100 mètres.

Préhistoire.
Forest n’a pas livré d’importants vestiges archéologiques. Dans l’enclos de l’Abbaye, on a trouvé une hache polie datant du néolithique moyen. Toujours pour le néolithique, les ramassages sur le site du parc de Forest ont fourni une hache polie et une lame retouchée. Nous parlerons en outre d’un caveau de 4 mètres sur 1 mètre découvert dans l’ancienne propriété Zaman. On lui attribue une origine franque.

1_A_Ren__001Relief.
Un plateau dans le haut de la commune, une plaine dans le bas reliés par une partie très pentue peu propice à la culture et à l’élevage, telle pourrait être une vue schématique de notre Commune. Chaque promenade en analysera les particularités.

Le Geleytsbeek.
Le ruisseau aux eaux claires, a joué un rôle essentiel dans la création et le développement d’Uccle et de Forest. Jadis, son débit était fort important et permettait notamment d’actionner de nombreux moulins. Trois d’entr'eux étaient forestois, dont le kloostermolen ou moulin de l’Abbaye. C’est aussi le long du Geleystbeek que la vie religieuse s’est développée.
Le Geleystbeek et notre abbaye : les deux piliers de notre Commune. 1_A_Ren__005


2 - Fontaine Saint-Denis.

SDC10137Elle existait déjà en 1352, selon Herdies (Sint Denysborre).
Wauters la signalait en 1379, en parlant de
    la Place Den Dries, appelée ultérieurement
    Grand-Place puis
    Place Communale.
Elle s’est appelée « Fontaine Saint-Benoît » au début du 19ème siècle quand une statue de ce saint la surmontait. Nom qui lui est resté, dans les habitudes de certains Forestois.
Anecdotes.
    -En 1824, les eaux ont été détournées par un habitant, brasseur, pour
    son usage personnel.
    -vers 1870, à la construction du chemin de fer, un tunnel-aqueduc encore visible aujourd’hui, permettait le passage vers la rue de Monte-Carlo. Y passer constituait une épreuve de courage pour les petits Forestois de l’époque.
L’eau provenait des sources situées au pied du Beukenberg. Une question : après les travaux de 2002, est-elle encore fonctionnelle. ?
Aux dernières nouvelles, l’eau n’étant plus potable, la fontaine a été coupée.
Mais dans les projets de rénovation de la Place Saint-Denis, une arrivée d’eau a été maintenue à proximité du kiosque.



3  - Une entrée monumentale entre deux rangées de tilleuls.



SDC10864Nous sommes dans le petit jardin érigé sur le Breem.
L’origine de ce mot est controversée…
    Soit la présence autrefois de nombreux framboisiers, braambezen,
    Soit celle de genêts, brem,
    Ou celui peu probable d’ajoncs, steckendebrem.

Devant nous campe fièrement le pavillon d’entrée de Laurent Benoit Dewez, construit dans le plus pur style néoclassique.
Ce style s’inspire des cultures grecques et romaines en soutenant les concepts de rationalité, d’ordre, d’équilibre, de symétrie, de clarté et d’harmonie. La composition équilibrée des paysages alliée à un souci du détail dans les proportions et les perspectives constituait une caractéristique que l’on retrouve ici.

    Passons le porche et sa double porte monumentale pour pénétrer à l’intérieur de l’hémicycle. Sur le tympan qui orne le pavillon, on peut lire l’inscription rappelant la pose officielle de la première pierre de la nouvelle abbaye.


Carolus Alexander, Ord. Teut. Sup. Mag. Loth.
Dux. Belg. Proef. Prim. Lap. Pos. Prid. Id.
Sept MDCCLXIV
MAP. IOS DE BOUZIES DE ROUVEROY ABB.


En langage de chez nous : « Charles Alexandre, grand maître de l’Ordre Teutonique dans l’Empire, duc de Lorraine, gouverneur des Pays-Bas, posa la première pierre le 12 septembre 1764, en présence de Bouzies de Rouveroy, abbesse. »



4  - Disposition générale aujourd’hui.



SDC10862L’aile sud-ouest, à gauche, abrite de nombreuses activités culturelles. Le rez-de-chaussée, lui, sert de cadre aux expositions . Dans la deuxième partie de l’aile, de l’autre côté du porche, se trouve la salle principale de ces expositions .
    Nous arrivons au château aménagé par Volkswagen et ayant appartenu au baron Paul de Decker. Nous y trouvons une grande salle qui, avec ses gradins, peut contenir 184 places . Elle est conçue pour accueillir des spectacles, des conférences, des débats, des colloques. De part et d’autre de son perron, on  découvre une meule de belles dimensions et un jeu de meules disparates.

    L’aile nord-est devrait accueillir la bibliothèque communale SDC10907située actuellement aux 331 et 333 rue de Mérode. Avec les architectes de l’Atelier du Sablon, on peut rêver à de futures rencontres philosophiques, à des soirées littéraires et à de multiples évènements liés au livre. En attendant une pareille perspective et un éventuel café littéraire, on ira prendre l’apéritif aux « Brasseries restaurants » de l’abbaye. Le même tenancier loue l’intégralité du Prieuré et dispose ainsi, en plus de l’étage aménagé du restaurant, d’un choix appréciable de salons pour banquets, mariages et autres dîners d’affaire…Ne nous réjouissons pas trop vite : en ce mois de janvier 2012 le restaurant a été déclaré en faillite. Nous espérons tous que cette situation n’est que provisoire. 
             

5 - Binnenkerk, buitenkerk.


Ren__Scan_plan__eglise_002Nous avons choisi de scinder l'étude du centre de Forest en deux promenades de deux heures maximum chacune.

Et la Binnenkerk ? C'était la véritable église abbatiale, aux dimensions considérables par rapport à celle de notre église paroissiale, la buitenkerk. Dommage qu'elle ne fut plus qu'une vaste carrière en matériaux de tous genres au lendemain de la dissolution de la communauté religieuse !

Sur le document ci joint, vous pouvez admirer cette abbaye remarquable qui a marqué l'histoire de Forest. Au passage, comparez les deux église. D'après une gravure de Sandérus datée de 1660.






6 – Histoire de l’église Saint-Denis.

Nous allons l’étudier comme une entité qui a traversé un millénaire sans oublier toutefois que cette histoire s’incruste dans celle, plus vaste, de notre Abbaye. Cette étude de l’Abbaye fait l’objet de la promenade 1b .

Chronologiquement…


Au 7ème siècle. La paroisse remonterait à l’époque franque. Un oratoire en bois et toit de chaume auraitSDC10861 été érigé à Forest, consacré par Saint Amand à Saint Denis l’Aréopagite, c'est-à-dire juge au tribunal d’Athènes ? Converti au christianisme, celui-ci devient évêque d’Athènes. Il est ensuite envoyé en Gaule pour y évangéliser les habitants. De cet oratoire, il ne reste aucune trace, mais il semble probable que la chapelle Sainte-Alène ait été édifiée sur son emplacement.
Est-il le saint Denis, évêque de Paris, décapité et que l’on présente parcourant une longue distance avec la tête sous le bras ? Rien n’est moins sûr, mais si la légende rejoint l’histoire, ne boudons pas un peu de merveilleux !
En 1099, l’abbaye d’Afflighem édifie un prieuré particulièrement destiné à ses religieuses bénédictines venues s’installer à Forest.

En 1150, construction par ces religieuses d’une nouvelle église paroissiale en pierre, de style roman. Transformée et agrandie, c’est la chapelle Sainte-Alène.
En 1238, le prieuré est érigé en abbaye indépendante et l’abbesse fait construire une nouvelle église adjacente à la première, mais de style gothique : ce sont le chœur et la nef actuels. Une petite tour en bois domine le tout.
En 1400 et au-delà, les religieuses construisent une église abbatiale beaucoup plus vaste et dont l’usage leur était réservé. C’était la binnenkerk. Elle fut détruite lors de la révolution française… Nous en parlerons plus longuement au cours de la promenade 1b. Revenons donc à notre église paroissiale, la buitenkerk, dont le nom provient du fait qu’elle disposait d’un passage vers l’extérieur de l’abbaye destiné à tous les fidèles de la paroisse.
C’est en 1550 que cette buitenkerk fut transformée pour acquérir sa forme actuelle. En 1559, la paroisse qui groupait environ 500 fidèles passe sous la juridiction du nouvel archevêché créé à Malines.



7 – Extérieur de l'église.



a -La tour


Au 15ème siècle, on construit la dernière travée de l'église et la base de la tour actuelle. A l'origine, elle SDC10901ressemblait à un donjon, n'ayant aucune ouverture vers l'extérieur. La fenêtre que nous observons aujourd'hui est de date postérieure.
C'est à la fin du 18ème siècle, qu'on l'exhaussa de deux étages de briques et qu'on la couronna d'une flèche. Le clocher contient trois cloches dont Denise et Alène.
Elle fut habitée très longtemps par la chouette effraie, Tyto alba, un rapace nocturne au dessin extrêmement délicat et vaporeux. Elle voisinait avec des chauves-souris, mammifères aux mœurs mystérieuses et fascinantes. La Pipistrelle commune, Pipistrellus pipistrellus, l'oreillard roux, Plecotus auretus et la sérotine commune, Epstesicus serotine avaient élu domicile dans cette tour jusqu'à ce que des grillages leur interdisent l'accès. Des études avaient été entreprises vers l'an 2000 pour les y réintroduire. Un projet qui n'a pas eu de suite... 

                                                                      



b - Le Geleytsbeek.

Il est voûté depuis la fin du 19ème siècle, début du 20ème. Enterré, devrions-nous dire et c'est ici, sous les pavés, qu'il poursuit son chemin avec l'espoir du poète de le revoir un jour …
    « … Je sais qu'un jour tu reviendras
    Avec des fleurs et des murmures.
    C'est dans le ciel qui tend les bras
    Que j'ai senti vibrer l'augure. »           
            Geleytsbeek, le ruisseau aux eaux claires.
            Léon Meganck.
 
c  - De nombreuses plaques funéraires émaillent notre promenade. Retenons notamment…

d- A l'ombre d'un hêtre pourpre, la pierre commémorative du 100ème anniversaire de la Belgique

« 13 juillet 1930. » SDC10854

e-et un peu plus loin, à l'abri d'un érable plane, celle qui commémore le 150ème anniversaire de la Belgique.
 
« 1830-1980. »


SDC10857f- Le légendaire noisetier de Sainte-Alène …. Nous évoquerons le hêtre, l’érable et le noisetier  dans le paragraphe suivant.

g- La meule du Kloostermolen.

Ce moulin est déjà cité dans les documents du 14ème siècle. Il était d'abord situé à l'endroit où le ruisseau pénétrait dans l'enclos abbatial, au sud de la tour de l'église. Il fut déplacé ultérieurement ainsi que le lit du Geleystbeek et se trouvait finalement entre les propriétés privées de la chaussée de Bruxelles et l'abbaye. Au milieu du 19ème siècle, le moulin était encore en activité. A cette époque, « il tordait de l'huile ». L'année 1883 vit le voûtement de cette partie du ruisseau et la fin du moulin.SDC11061

h- Le cimetière.

L'église contenait elle-même de nombreuses tombes dont celle du Comte général Dumonceau. Il n'en reste plus que l'emplacement. On peut y lire :

    « Ici repose le lieutenant-général Jean-Baptiste Comte Dumonceau, Grand Officier de la Légion d'honneur, Grand'Croix de la Fidélité de Bade, Chevalier de Saint-Louis, membre des Etats-Généraux, illustre guerrier, vertueux Citoyen, il fit honneur à sa patrie. Né à Bruxelles, le 1er octobre 1760, il y termina sa glorieuse carrière le 29 décembre 1821 ».

D'une étendue de 22 ares, ce cimetière suffisait encore vers le milieu du 19ème siècle. Mais, en 1868, les responsables communaux doivent changer d'attitude « … attendu qu'il se trouvait au centre d'une agglomération d'habitations et le long du chemin le plus fréquenté de la commune, considérant que son insuffisance démontrée par le besoin d'effectuer des enterrements avec un certain tâtonnement pour ne pas rencontrer d’anciennes dépouilles (…) la présence constituait même un danger permanent pour la santé des habitants, en effet, l'eau s'y rencontrait à 0,75 m de profondeur, de sorte que les fosses ne pouvaient y être creusées à la profondeur réglementaire. On ne s'étonnera donc pas d'apprendre qu'à certains jours, les émanations délétères étaient si fortes que le passage à proximité du cimetière pouvait rendre quelqu'un malade ».

Un deuxième cimetière fût donc créé à hauteur de notre actuelle Avenue du Globe. Nous en parlerons plus longuement au cours de notre promenade n° 7 consacrée à la Cité Messidor.


8 – Deux arbres et un arbuste remarquables.

Le hêtre. Une des hêtraies les plus prestigieuses est notre Forêt de Soignes. Elle était beaucoup plus vaste au Moyen-Age et couvrait une grande partie de notre plateau forestois. Le Parc Duden en reste notre principal vestige. . C'est leur ensemble que le poète appelle une cathédrale naturelle. Sa faîne constitue un fruit fort apprécié des habitants de la forêt.
En ce mois de janvier, c'est son  bourgeon    qui constitue la caractéristique principale de l'arbre : fin, long, très aigu, il est couvert d'écailles coriaces et luisantes.
Le hêtre pourpre est une variété dont la chlorophylle verte est masquée par un pigment rouge. Ils ne se reproduisent que par greffe.

SDC10904L'érable. Leurs feuilles , bien souvent fort acérées,  engendrent le nom de la famille : les
acéracées. Trois espèces principales existent chez nous dans la nature:

    L'érable sycomore, le plus haut, aux fleurs pendantes
    L'érable plane ou platanoïde , à fleurs en corymbes.
         corymbe : les groupes de fleurs ou de fruits sont placés dans un même     plan  mais les pédoncules ne s'attachent pas au même niveau sur l'axe principal    de la fleur. Le sorbier et le sureau possèdent la  même  caractéristique.
    L'érable champêtre, à fleurs engrappes dressées.
Mais il en existe autant d'espèces hybrides que le pépiniériste peut l'imaginer, ce qui rend bien souvent leur identification très difficile.
Ici, c'est un érable plane qui abrite la pierre commémorant les 150 années d'existence de notre pays.
Leurs fruits s'appellent des bisamares. Ce sont eux qui , collés par deux,.nous font penser à des hélices quand ils tombent


9  - Sainte Alène. 

a -Histoire et légende.


Sainte Alène, croit-on, naît en 630 à Dilbeek. Elle est la fille du puissant seigneur de la région, le despotique Lewold, et de son épouse Hildegarde.
Aux environs de 640, Saint Amand vient s'installer au sein de la Forêt de Soignes. Un seigneur qui s'était converti à la foi chrétienne et qui fuyait Lewold, trouve son salut à Forest et y construit un édifice en pierre. Saint Amand transforme celui-ci en chapelle qu'il consacre à Saint Denis l'Aréopagite ; chaque nuit, il y célèbre les saints mystères. Un jour, Lewold assiste à l'office et rapporte l'histoire à son épouse et à sa fille Alène.
La jeune fille, subjuguée, prend contact avec le saint, assiste aux offices et se convertit au catholicisme. Sa piété va en augmentant et, toutes les nuits, elle s'abreuve des paroles de l'Évangile. Son père, fatalement, finit par s'en apercevoir ; il la fait suivre par ses soldats qui ne peuvent l'accompagner lorsqu'elle franchit la rivière sans se mouiller. Sortilège de chrétiens ! » s'exclame Lewold qui donne l'ordre de l'amener lors de son retour. Alène, aux abois, se cramponne à un arbre. Les soldats la tirent avec tellement de violence qu'elle en a le bras arraché et en meurt. Aussitôt, un ange apparaît, enlève le bras ensanglanté pour le déposer sur l'autel de la chapelle devant lequel s'agenouillait Alène. Quand, après des recherches anxieuses, le corps est découvert, on le ramène à Forest où il est enseveli.

b- Les miracles.


Rappelons d'abord qu'en cette période, la vie religieuse était fortement perturbée et durant ce « siècle des saints », toute occasion d'appeler le merveilleux pour ranimer la foi était la bienvenue. Alène y apporta sa contribution.
Une certaine nuit, avant d'assister à l'office, Alène plante son bâton. A sa sortie, le bâton s'est transformé en noisetier. Les noisettes que cet arbuste produit font l'objet d'une vénération particulière. La légende rapporte que ce noisetier subsiste jusqu'au 19ème siècle. Plus modeste, celui que nous pouvons observer aujourd'hui a été planté en 2000 pour perpétuer cette légende.


1_A_Ren__002c-La tombe de Sainte-Alène.


Avec celle de Saint Guidon à Anderlecht, le cénotaphe de Sainte Alène est l'un des rares exemples en Belgique de tombe romane du 12ème siècle (1193). La table de pierre, qui provient des carrières du Tournaisis, a 2,34 mètres de long sur 1,18 mètre de large. Elle repose sur des arcades cintrées qui permettent de voir l'emplacement où, jadis, reposait le corps de la sainte. Sur cette table, est dessinée en creux Sainte Alène, qui est vêtue d'une ample draperie. La main gauche tient un missel, l'autre, montre la paume en signe de virginité.

d- La possession des ossements de la sainte, par contre, ne fut pas réglée de façon miraculeuse. Les habitants de Dilbeek en revendiquaient les restes  et affirmaient mordicus qu'Alène reposait non à Forest, mais sous la tour de l'église de Dilbeek. Les Forestois restèrent sur leur position. La querelle dura très longtemps. Il a fallu faire appel à l'archevêque de Malines pour régler le différend. En 1601, il ordonna l'ouverture de la châsse de Forest. Et on y découvrit les rescrits des évêques précédents qui attestaient que la dépouille   vénérée à Forest était bel et bien celle de Sainte Alène. Les Dilbeekois déçus reçurent quand même en compensation deux côtes de l'étrange demoiselle qui marchait sur les eaux. Une procession annuelle y est célébrée permettant aux fidèles de contempler « leurs » reliques.

Soyons réalistes, en 2 ou 3 lignes, pas plus…. « Le 31 juillet 2006 le reliquaire fut ouvert afin de permettre une analyse anthropologique et une analyse de datation. Dans le reliquaire il y a quatre sachets violets qui contiennent des ossements. Tous les os appartiennent au squelette de la même personne… une personne adulte robuste d’environ 35 ans et de la taille de 1,77m »… tiré de « Sainte Alène, images et dévotion, guide pour une visite de l’église Saint-Denis à Forest. Cet ouvrage est édité par le comité directeur du Fonds "Patrimonium Sancta Alena " de Forest. Alène n’a donc jamais existé, mais sa légende a illuminé 7 à 8 siècles d’espoirs et de rêves des Forestois et des Forestoises, elle n’en mérite que plus de respect de notre part. Et puis, elle est bien plus jolie que la réalité.

10 – La chaussée de Bruxelles.

Ren__scans_1a_005    Rappelons qu’elle fut l’une des voies de communication depuis le sud du pays vers Bruxelles, après
la heerbaen des vallées qui suivait plus ou moins la vallée de la Senne,
la heerbaan des collines qui passait grosso modo par les actuelles rue Gatti de Gamond et les avenues du Domaine et Jupiter.
Elles aboutissaient toutes les trois à la Porte de Hal.
    C’est ici qu’est née la maison médicale, déplacée vers la rue du Curé depuis  les derniers aménagements du quartier. C’est au cours de ceux-ci qu’a disparu définitivement le kerkweg  ou  chemin de l’Eglise devenu entre temps l’impasse de la Chaussée de Bruxelles . Ne la cherchez plus…

    Abordons la place Saint-Denis par le côté droit…On ne peut  manquer la maison SDC10962romantique à pignon  qui fait le coin de la place, une boulangerie aujourd’hui.. C’est Adrien Quikels, charcutier de son état, qui la fit bâtir en mai 1908, en remplacement de l’ancien estaminet « A la nouvelle Cour Royale. ». Piet Volckaert la représente sur une de ses toiles.
    L’immeuble suivant, les nos 4 et 5, a été construits en 1924 ; au cours du temps, on le fit rehausser pour qu’elle soit en harmonie avec les autres immeubles. La dernière maison, nos 6,7,8, a été construite en 1907 puis aménagée en maison de commerce.
    En fait, ces immeubles ont remplacé le corps de logis construit par L.B.Dewez en 1764 et qui constituait le pavillon d’entrée de l’abbaye. Considérons donc que l’alignement actuel constitue un heureux substitut à la communauté religieuse d’antan.


11- La place Saint-Denis.

a – Historique.


1_A_Ren__003    Un Dries est une terre en jachère ou une prairie commune. Le nôtre est une prairie commune. Dès 1406, ce qui sera le prolongement de la place Saint-Denis était donc une pâture mise à la disposition de chacun. Les  Forestois y possédaient le privilège de faire pâturer leurs bestiaux.
Autrefois, le Dries s'étendait jusqu'au Bempt. La place actuelle n'en représente plus que la partie septentrionale. Son niveau fut par ailleurs sensiblement exhaussé pour échapper un tant soit peu aux inondations très fréquentes. Elle évolua au gré du temps. A titre d'exemple, la rue du Dries commençait à la pharmacie et la rue de Hal partait de ce qui est le café « Aux armes de Forest ». Elle s'est appelée longtemps « Place de la Fontaine » et « La plache de Vorst » (voir document ci-joint).


b- La fontaine Saint-Denis.

L'origine de la fontaine remonterait à 1379 et même 1352 selon Herdies.. Son alimentation était vraisemblablement assurée par une source se situant au bas de notre actuelle avenue Denayer. Les canalisations acheminant les eaux faisaient l'objet de toute la sollicitude de l'abbaye. La Sint-Denysborre est mentionnée dans les textes depuis le milieu du 14ème siècle lorsqu'elle alimentait le monastère ainsi que le bas du village. Les canalisations sont décrites avec quelques précisions en 1439. Celles-ci couraient à près d'un mètre et demi sous terre et étaient par endroits signalées par des bornes. En 1685, la fontaine s'appelait « Ysborre ». Elle fut restaurée en 1718 et on surmonta le monument d'une statue de Saint-Benoît, patron de la communauté des bénédictines et, soit-dit en passant, frère jumeau de sœur Scholastique. D’où la confusion chez certains Forestois qui continuent à l’appeler « Fontaine Saint-Benoit » alors que l’exitence de cette chirec_014statue a été éphémère.  La dernière restauration de la Sint-Denysborre remonte à 1946. Elle est classée au même titre que l'église et l'abbaye.
Le bac de la fontaine a longtemps servi d'abreuvoir pour les chevaux qui ont besoin d'une eau d'une pureté absolue. Le même bac a aussi fait office, à d'autres moments, de lavoir pour les ménagères qui venaient y rincer leur linge.
Elle suscitait néanmoins de nombreuses doléances …
« Les habitants se plaignaient de ce que, plus d'une fois, il était arrivé qu'elle ne donnait plus d'eau. Le Conseil communal n’eut pas de peine à découvrir les causes du mal. Sans avoir obtenu ni même sollicité la moindre autorisation, maintes familles avaient fait établir un branchement particulier sur la grande conduite de plomb amenant l'eau de la source à la fontaine, d'où, surtout en période de sécheresse, une désolante réduction du débit ».

c- L'école et les abris souterrains.

Rappelons que la première école communale était située dans le complexe  de la maison communale, rue Ren__scans_1a_012de Barcelone.
C'est en 1781 que l’école représentée ici a été construite. En observant la photographie ci-jointe, on remarque encore à l'arrière-plan les terrains vagues et les arbres, témoins de l'état dans lequel se trouvait le centre du village.
Au cours des grands travaux de rénovation que subit la place en 2002, on ne retrouva aucune trace des fondations de cette école. Vu l'état marécageux du terrain, on peut imaginer que celles-ci étaient réduites au maximum. Par contre, on y a retrouvé les abris souterrains construits la guerre 40-45.

1_A_Ren__004

12 – Les immeubles « Nord » de la place.

Admirons tout d'abord l'harmonie générale qu'engendrent ces immeubles avec, notamment, leurs balcons en fer forgé. Et tout particulièrement …

« Aux Armes de Forest ».


Le 9 septembre 1878, Charles Munster introduit une demande afin de construire une maison au coin de la rue de la SDC11059Station. Pour rappel, la station de Forest-Midi et le chemin de fer ont été inaugurés en 1850.
A ce moment, la place telle que nous la connaissons aujourd'hui n'existait pas et la rue de la Station commençait donc « Aux Armes de Forest ». La demande est accordée le 9 décembre de la même année et la Commune profite de cet événement pour donner à la rue son profil actuel.

« La Clé de Sol ».

 
C'est en 1881 qu'on entreprit la construction de ce café qui comporte dès le début une salle de danse.
D'aménagements en aménagements de la façade et des salles intérieures, elle devint un des immeubles les plus importants de la place. Après la guerre 14-18, elle devint le siège du Parti Libéral et celui d'une société de musique. Elle abrita « les Secours d'hiver » durant la seconde guerre mondiale.
A l'aube du nouveau millénaire, la salle arrière subit un tel remaniement qu'elle est actuellement une des salles les mieux équipées de Forest.
« La Clé de Sol » s'enorgueillit de la seule marquise existant sur le Dries.

SDC10914La polyclinique n° 23 et 24.


Ce fut notre deuxième bureau de poste. Nous passerons devant le premier d'entre eux, dans la rue du Dries. Les amateurs de belles façades ne seront pas déçus en allant détailler celle de cet immeuble. Pour être complet, un troisième bureau de poste fut érigé plus loin dans la rue de la Station. Enfin un quatrièmeSDC10964 bureau s’est ouvert à la place Saint-Denis. La boutique porte le numéro 14.
Les encadrements des fenêtres et des portes sont remarquables tout comme le pignon. De magnifiques grilles en fer forgé protègent les fenêtres du rez-de-chaussée.Sur le fronton de l'entrée principale, on peut voir l’emblème de la poste et le sceau communal.
C'est le 5 mars 1965 que la Société coopérative « Centre de Médecine spécialisée de Forest » s'est rendue propriétaire des lieux. Elle y abrite tous les services médicaux qu'on attend d'une telle polyclinique.

13- Rue de la Station.



    C’est l’ancienne Koienstraat «  van de fontein op de Driesplein tot aan de grens van Anderlecht ».TracéeRen__scans_1a_011 en 1851, elle fut rebaptisée « rue de la Station » le 3 décembre 1874. Rappelons que la ligne de chemin de fer Bruxelles-Mons  date des années 1850 et que la gare de Forest Midi a été inaugurée quelques années plus tard. Cette gare existe encore mais, bien que ce site soit protégé, elle ne vaut plus le détour que pour les quelques voyageurs qui doivent la fréquenter. Jusqu’en 1955, le tram 53 conduisait ses passagers à la Place de la Station ; pas seulement les voyageurs qui se rendaient à la gare, mais aussi les amateurs de sport équestre car c’est juste au-delà du chemin de fer que se situait un champ de courses  qui connut ses heures de gloire.
    C’est aussi sur l’emplacement de notre troisième bureau de poste construit en 1954 d'après les plans de l’architecte Ferrière, que se trouvait le terrain de football de La Forestoise. Et Dieu sait si celui-ci fut un haut lieu sportif fort prisé en son temps. C’était aussi l’époque où sur la Place Saint-Denis et ses alentours immédiats on pouvait trouver une vingtaine de cafés fort actifs. Une anecdote vaut la peine d’être rapportée :
 «  des événements dramatiques se déroulèrent le 24 janvier 1929. Deux truands, Berckmans, ancien joueur du club et Demoor, recherchés par toutes le polices de l’agglomération, s’étaient réfugiés dans les vestiaires sous la tribune du stade. Berckmans fut capturé à Drogenbos, mais Demoor, voulant récupérer sa moto dans un garage en face du terrain, fut abattu par les policiers forestois qui l’y attendaient. ».

14 – Rue de Hal.


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Elle s'est appelée successivement :
« Voetweg van Brussel naar Ruysbroek » et était répertoriée « Sentier n°24 ».
« Nieuwpoortstraat » ; Nieuwpoort était cette partie de notre commune située au- delà de la rue de l'Eau, en direction du Bempt.
« Zandbeekweg » en 1848. Le Zandbeek ou Ruisseau des sables a joué un rôle important particulièrement dans l'histoire du Bempt (cf. Promenade n°4). En 2005, Volkswagen en a asphalté les derniers tronçons remarquables.
Enfin, « Rue de Hal » en 1900.

Aujourd'hui encore, son itinéraire reste compliqué : elle s'en va bras-dessus, bras-dessous avec le boulevard de la 2ème Armée britannique vers le Boulevard Industriel, Ruysbroek et Hal. A moins que « La Coccinelle » et « Le Break », les deux cafés du coin ne nous retiennent, abordons la rue de Hal. Le n°9 qui porte le millésime 1912 nous donne une idée de l'âge des maisons les plus anciennes.

De moins en moins de Forestois ont encore en mémoire le cinéma « Kursaal » du n°11. Il a ravi des SDC10920générations « d'enfants admis » et porta à l'affiche tant d'acteurs et de stars célèbres. L'enseigne est toujours reprise dans la liste de sauvegarde des anciennes salles de cinéma. Une autre salle de cette sorte, beaucoup plus éphémère, a existé : le « Cinéma Universel ». Elle était située au n° 38.Remarquons aussi le n°34. C'est là que se trouve l'école des garçons ; elle remplace l'école qui se trouvait jadis sur le Dries. En 1930, cette école communale comportait deux sections : six classes néerlandophones et six classes francophones.
Nos hirondelles de fenêtres ont été abondantes à Forest, particulièrement ici où elles ont laissé des traces de leur passage.. Elles ont déserté Forest sauf dans le quartier dit « Diamant Board ».

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15 – Rue de l’Eau.

Ren__scans_1a_008    Le baptême officiel de la rue de l'Eau date de 1871. Elle rappelle qu'autrefois, les nombreux fossés, dans leurs débordements, provoquaient maints désastres.
Rappelons le sujet évoqué au n°13, où la propriété du Comte Cornet de Ways-Ruart voisinait le carrefour entre la rue de la Station et la rue de l’Eau, quelque part sur le terrain occupé actuellement par la firme Audi. Au coin de la rue de Hal et de la rue de l'Eau, était sise une ferme qui a souvent inspiré les photographes du début du siècle dernier. Le moins qu’on puisse dire est que les familles y étaient fort nombreuses. Les fermes aussi, d'ailleurs. Vers la chaussée de Neerstalle, arrêtons-nous quelques instants au n°62. En dessous du balcon moderne, on peut voir de très près un de ces fameux nids d'hirondelles. Il ne se trouve qu'à 3,20 mètres du sol. Il reste malheureusement inoccupé depuis 1998.

    S'il faut lui donner un nom, appelons-la « La petite place du Dries ». C'est là que se trouve une fontaine qui rappelle la vocation séculaire du bas de Forest. Elle a été construite grâce à l'apport financier de la teinturerie MOMM, ceci afin de pourvoir aux besoins en eau potable des riverains. Sur la même place, une autre curiosité : les maisons basses des n° 50, 54, 56.Les quatre marches qui mènent à leur seuil donnent une idée de la différence de niveau qui les sépare du niveau actuel.

    Deux maisons méritent un temps d'arrêt. Elles portent les n° 15 et 13. La première s'intitule « La MaisonSDC10923 d'Orphée », la deuxième, porte cette inscription « L'entente des directeurs, la Sté An. Internationale, en mémoire de leurs membres tombés au champ d'honneur ». Une ruelle bien oubliée et dont il n'existe plus aucun document photographique avait pour nom « La petite rue de l’Eau ». Elle n'était pas bien longue. Elle partait du n°14 et, après un angle, aboutissait à l'actuel n°149 de la chaussée de Neerstalle.
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16 – Rue du Dries.

    Dans un acte datant de 1717, on découvre ce lieu en ces termes « … een huys op den Driesch, in de Nieuwpoortstrate ». Une autre mention datée du 3 décembre 1874 parle d'une rue du Dries allant « … de la maison de la veuve Singelé jusqu'à l'extrémité de la rue de Hal ».
Ren__scans_1a_014    Tout comme à la rue de l'Eau, on remarquera les marches des maisons 36 et 50 menant aux niveaux anciens des lieux. Du côté impair, au n°33, se situe ce qui fut la maison-atelier avec écurie de M. Guillaume. On peut lire encore sur l'enseigne l'inscription suivante : « La Prévoyance – Compagnie belge Sté A. ». Le n°29 est une jolie maison construite en 1895 à la demande de J.B. Desmedt. L'inscription « Le Canari » atteste de l'existence d'un débit de boissons.
    Aux numéros 27 et 25, nous nous trouvons à l'école communale n°2, autrefois réservée aux filles. C’est en fait le même bâtiment que l'école n°1 de la rue de Hal.
    On fera une mention spéciale pour la toute belle façade du numéro 19. Elle est absolument remarquable avec son pignon à redents et les arches qui coiffent les fenêtres. En fait, c'est le premier bureau postal de Forest dans un bâtiment spécifique. Il a été construit en 1894 et les plans sont dûs à l'architecte Charles Appel.
    Exactement en face de ce bureau postal, se trouvait, il n'y a guère, La ferme Van Keerbergen qui joua SDC10875un rôle prépondérant dans l'économie rurale du quartier du Dries. Le dernier bâtiment, le corps de logis, fut démoli en 1975.
    « Voir Vernier p. 98 – Vaches, moutons et chevaux trouvaient donc ample nourriture. Les porcs aussi tant il y eut des chênaies sur le territoire … Beaucoup de ménages entretenaient un porc et quelques volailles (poules, oies, cygnes). Rares étaient celles dont l'étable comptait plus de deux bêtes à cornes. Quant aux chevaux de labour, ils étaient l'apanage de quelques rares fermiers ».
C'est pourtant dans les travaux des bois que se termina l'activité de ce fermier.

17 – La Rue Caporal Trésignies.


Le Caporal Trésignies, habitant à Forest s'étant offert le 26 août 1914 à manœuvrer depuis la rive Est du Canal de Willebroek le tablier d'un pont nécessaire au passage des troupes belges demeurées sur l'autre rive, a été tué au cours de cette mission périlleuse. Le Caporal honore son régiment, l'armée et la Nation.
Albert Ier
Roi des Belges.


SDC10931    Cette plaque commémorative apposée sur la façade du N° 3 de la rue Caporal Trésignies honore un héros forestois, mais pas les autorités chargées de son entretien : la plaque devient illisible.

    Cette rue fut tracée en 1907 et baptisée rue Lindenmayer en remerciement à Paul Adolf Lindenmayer, né à Tübingen le 23 août 1838, décédé à Forest le 2 juin 1909. Il fit don de ses terres pour le percement de cette artère et légua 25000 francs aux pauvres de la commune. C’est depuis le 10 janvier 1919, qu’elle s’appelle Rue Caporal Trésignies.

    La vie de notre héros a maintes fois été évoquée. Disons ici simplement que son acte remarquable le distingue à Pont-Brûlé sur le canal de Willebroek.  Léon Trésignies s'est porté volontaire pour actionner la roue qui abaisse le tablier du pont. Cette manœuvre devait permettre à l'armée belge de franchir le canal.

    Les Allemands le mitraillent lorsqu'il est en pleine action et le caporal entre dans la légende.

18 – Retour à la Place Saint-Denis, côté sud.



Ren__scans_1a_009    Il n’y a pas tellement longtemps, les numéros 48 et 49 étaient occupés par la Maison Guillaume. C’est en 1908 que J.B.Guillaume fait bâtir cet immeuble aux balcons finement décorés de motifs forgés. Son enseigne, patron ferronier-quincailler, en dit long sur l’importance qu’il avait acquise auprès des Forestois.
Corneille, fusillé par les troupes de Napoléon, immortalisé par notre géant NELE.
    La maison Deridder  fut une véritable institution dans notre Commune. Les deux habitations numérotées 50 et 51 furent construites en mai 1880 afin d’y installer une forge. Son fils Pierre puis son petit-fils Jean-Baptiste lui succèdent. C’est à la forge Deridder que les maraîchers du Bempt  et les commerçants des environs viennent ferrer leurs chevaux et fabriquer leurs charrettes. On venait aussi y louer notamment des charrettes à bras.
    A  chaque Saint Eloi, la Place Saint-Denis était ébranlée par des détonations, provoquées à l’aide de sable blanc et de jets de salive. Les compagnons de Saint Eloi s’en donnaient à cœur joie de leur marteau sur l’enclume. C’était la tradition chez les maréchaux-ferrants ; une fête qui durait toute la nuit. Jean Deridder a ferré son dernier cheval en 1946. Au moment de la retraite il s’en est allé habiter à Neuville, en Condroz.

    Les « Huileries Sternel », au n° 56, ont aussi participé à la vie active  du centre  de Forest. Une des annexes a survécu et est occupée actuellement par du logement et des bureaux.
    C’est à côté qu’était installé, depuis 1905, la « Brasserie de l’ingénieur-brasseur Devroede ». La propriété était protégée par une grille et le bâtiment était flanqué d’une bien pittoresque gloriette. Elle servit durant ses dernières années de « mini-mosquée ».

    Avec le café « Au Ballon », nous terminons le tour de notre place. Jadis, l’établissement qui faisait le coin avait fière allure. Le « Belle Vue », c’était son nom, s’avançait plus sur la place et était plongé dans un décor arboré aux superbes frondaisons.

19 – Nele et les Géants de Forest.



SDC10957    Nele, diminutif de Corneille, est un Forestois qui mena un mouvement de résistance sous le régime napoléonien (1799-1814). Il n’appréciait guère l’attitude de l’empereur qui prélevait sans vergogne des contingents de Belges pour regarnir son armée décimée par des guerres sans fin. Comme beaucoup d’adversaires de systèmes autoritaires, Nele fut fusillé. Le poteau d’exécution placé face à la fontaine portait l’inscription : « Nele is ter dood veroordeeld ». (Ici, Nele fut exécuté). La légende de Nele a ressurgi lorsqu’on décida d’en faire un géant.
    Un peu plus tard, on lui accorda une compagne, Pauline, fermière à l’Altitude 100 et belle-mère de Léon Seghers, homme de confiance et jardinier d’Alexandre Bertrand.
    Depuis l’an 2000 on leur a ajouté trois autres compagnons pour leur traversée occasionnelle de Forest. Alida, une habitante du Bempt dont nous avons évoqué le sort tragique lors de notre promenade n°4 consacrée au Bempt, Forestine, sortie tout droit de l’imagination des élèves de l’école n°3 et réalisée avec l’aide de l’Association « Partenariat Marconi . Quant à Paville, elle a été créée pour emplacer un élève manquant à l’école du Pavillon des Tilleuls.
C’est en 1987 que Luc De Vleeschouwer, fonctionnaire communal, amateur d’histoire ancienne et de folklore réalisa nos deux premiers géants, Nele et Pauline, de dimensions respectables : 3,85m de hauteur pour un poids de 70 kg. Elle appartient à notre Cercle d’Histoire et du Patrimoine.


20 - Contrat de quartier Saint Denis.

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    Le contrat de quartier est un  programme destiné à revitaliser un quartier fragilisé, défini par un périmètre et durant une période déterminée.
Le contrat Saint-Denis (2004-2012) est subventionné jusqu’à 13 millions d’€ par la Région Bruxelloise. Il est entré dans la dernière phase d’achèvement des travaux. Deux autres quartiers forestois bénéficient des mêmes avantages ; le quartier Saint-Antoine et le quartier Primeurs/Pont de Luttre.

Plusieurs projets.

Rénovation et construction de logements sociaux.
Rénovation et création d’espaces publics et d’infrastructures
publiques asphaltage, nouveaux trottoirs, mise en place de
ralentisseurs, plantation d’arbres et nouveau mobilier urbain.
Mise en place d’initiatives socioéconomiques avec notamment
une majoration de primes à la rénovation et à l’embellissement des
façades….
SDC10870 Citons pour informations les travaux du 151, Chaussée de Neerstalle  et du 58, rue Saint-Denis.
Ils sont situés en dehors de nos deux promenades 1a et 1b, mais font partie du même contrat de quartier.
En 1b, nous évoquerons les changements survenus aux environs de l'Hôtel Communal et notamment ceux des rues de Barcelone et de Liège.

Ici, nous nous arrêterons quelques instants  devant l'immeuble  qui porte le n° 17 de la rue de la Station, au carrefour avec le boulevard de la Deuxième Armée  Britannique «  ... un bâtiment passif incorporant une Maison de l'Emploi et de l'Entreprise, une antenne Actiris, une crèche et une halte garderie. ».