Sous le patronage de Marc-Jean Ghyssels

Premier Echevin de la Commune de Forest.

 

En collaboration avec Christian, Gilbert, Jean-Louis, Raymond, Marc, Annie, Sylvie, Marie-France, Evelyne, Willy, Bernard, Magali, François, Paul

 et Jean, Président de Présence et Action Culturelles - section de Forest.

 

Vous présentent …

dans le cadre des promenades forestoises,

 

Le Parc du Bempt

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Editeur responsable : renerochette@yahoo.fr                                                      Juin 2012

 

LE BEMPT, massacré.

 

                                               Table de matières.

                                      Itinéraire

 

 En guise d’introduction, quelques anecdotes.

Léon Meganck, Henry et Jacques, Verniers, Paul Martens et                 Nelly De Roover-Dryon.

 

1 -

Définition de Bempt  . les bempden à Forest et ailleurs.

2 -

Chaussée de Neerstalle-Art Nouveau.

3 -

Hydrographie. Les ruisseaux de Forest.

4 -

La Senne et ses inondations.

5 -

Les fermes  et les fermettes.

6 -

La villa des Trois Fontaines et le roi Gambrinus.

7 -

Le parc . Classement de la Villa et du parc. Natagora.

8 -

Le Petit Train à Vapeur de Forest.

9 -

Les rues évoquant le Congo

10 -

Les lutins . Le faucon pèlerin.

11 -

La promenade verte. Arbres des zones humides . Le gui.

12 -

L’étang du Bempt.

13 -

Les terrains de sports.

14 -

Les potagers .

15 -

Les maraîchers.

16 -

La rue de la Soierie.

17 -

La rue Max Waller.

18 -

Les MOMM.

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    19 -        Promenade pédagogique

    20 -       A Forest, nos belles plantes font le trottoir.                                                                                                             

    21 -       Notre Bempt.  

 

Périodiques de nos cercles culturels.

 

Forestum, revue du Cercle d’Histoire et du Patrimoine de Forest.

           176/4, Avenue Van Volxem- 1190 Forest Bruxelles

           Présidente :Nelly De Roover-Dryon, tél. : 02 376 55 09

 

Pacotille, revue de Présence et Actions culturelles, section de Forest.

        Maison de la Solidarité « Les Eglantines »

        Rue des Glands 31, 1190 Forest .

        jseghers2003@hotmail.com

 

Les photographies proviennent presque toutes des collections de Nelly De Roover-Dryon, de Charles Poot, de Gilbert, de Léon et de Willy.

 

ITINERAIRE .

001 

 

NOTRE ENIGME.

 

Comment Marie-Antoinette perdit une seconde fois la tête…

            Achetée dans une salle de vente, la statue de « Marie-Antoinette » - qui tient dans ses mains des roses cachant du pain destiné aux pauvres- fut chargée dans un camion. Un incident en cours de route fit … perdre la tête, une seconde fois !

« Marie-Antoinette » resta longtemps représentée sans tête dans le beau jardin de Jean-Baptiste Michiels. Jusqu’à la veille de l’inauguration du parc en 1982, où Corneille, l’ancien concierge de la villa, ramena la tête oubliée de la reine sur un bras triomphateur pour la confier à la restauration. Marie-Antoinette reprit le cours de ses rêveries sous les ombrages des arbres protecteurs des créatures petites et grandes.

Mais où est-elle aujourd’hui cette statue de Marie-Antoinette ?

 

En guise d’introduction.

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Combien de fois y suis-je allé dans ce  Bempt auréolé de mystère ?  Des centaines et des centaines.                                                                                                                                                                      Les quatre saisons m’apportaient d’une manière égale leur part de beauté : ultimes travaux des champs, gels, brouillards, fantômes et neige ; semailles, floraisons, récoltes et fenaisons ; peines, labeurs, mélancolie, émois et fêtes.

Toujours, par les prés, les chemins, les pavés, les haies, j’ai été en quête de l’authenticité sous tous ses aspects. Dans mon carnet de route, mon crayon et ma plume ont griffonné des histoires colorées des maraîchers et esquissé la faune et la flore si riches des pâturages entourés de saules et de peupliers.

Mais souvent je me suis contenté de contempler, en toute quiétude, l’étendue de la plaine, me laissant bercer par les songes, avec comme seule musique le chant des oiseaux et le criquetis des insectes.

Naïvement, je croyais que le Bempt resterait le Bempt. C’était quelque chose d’éternel. Sa possible disparition, dans ma jeunesse, ne m’effleurait même pas l’esprit. Ce paysage séculaire m’apparaissait comme une institution indestructible, à l’abri de toute atteinte.

Hélas, aujourd’hui, mon carnet témoigne de la destruction successive des éléments qui ont fait sa grandeur … et sa candeur. Les souvenirs ne persistent que le temps d’une génération ou deux et les archives ne parlent plus que si les curieux du passé les dépoussièrent. Mais il n’y a plus de racines, donc plus de tiges, de feuilles… et plus de graines. Donc plus de renouveau.

 

J’ai l’espoir que mes croquis jaunis garderont un peu de vie pour inspirer quelqu’épris de tendresse et de légendes.

                                   Léon Meganck, le 7 mai 2005.                                                                                                       Extrait de l’ouvrage « De saule en saule. »

 

ANECDOTES.

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 « Le Bempt, c’était quelque chose ! » nous expliquaient il y a quelques années, Henry et Jacques. Henry FLOSSY, « la mémoire de Forest », s’est éteint  il y a peu, emportant avec lui tous ses souvenirs. Il était intarissable…particulièrement lorsqu’il parlait du Bempt, de son Bempt. Jacques l’a rejoint depuis peu clôturant par son départ l’ère des maraîchers de chez nous, les berkusers.

 

Notre historien local, Louis Verniers, l’évoque aussi avec nostalgie…

 

            «  Pour l’enfant que j’étais alors, mon domaine privilégié était le Bempt s’étendant largement  entre le trait rectiligne des berges  du canal de Charleroi à l’Ouest  et les rives serpentines de la rivière Senne, à l’Est. Là subsistaient encore à cette époque, nombre de grandes mares où les poules d’eau zigzaguaient  parmi les sagittaires aux feuilles en pointes de flèches et les hauts joncs flexibles sommés d’une gaine de fourrure brune ou noire  douce à caresser  de la paume.

Au-delà du passage à niveau de la voie ferrée vers Bruxelles m’attirait un autre paradis : la ferme de Marcus Stallaert, peuplée de vaches, de moutons  de hauts chevaux luisants et d’une foule caquetante et mêlée  de pigeons, de poules, de coqs et de dindons, placée sous la garde, parfois rageuse, du dogue  tirant sur la chaîne de sa niche, près du grand porche de la cour ». (Notes sur le bonheur, p 42.)

 

ON DEMANDE UN APPRENTI . – L’envahissement industriel.

 

            Un texte paru dans Forestum, publié par le Cercle d’Histoire et du Patrimoine de

Forest, dans la rubrique « La mémoire Vivante de Forest » et cosigné par Paul Martens et  Nelly DE ROOVER-DRYON, Présidente du Cercle.

 

«Traversant les grandes terres du Bempt, mon paquet de tartines sous le bras, je m’achemine à la recherche de mon premier employeur. En contrebas de la rue de la Soierie, les damiers multicolores parfaitement tirés au cordeau, sont exploités par les maraîchers de l’endroit, qui chaque jour, vont vendre leur récolte au marché matinal de la capitale. Passé la limite du passage à niveau de la ligne de chemin de fer Bruxelles-Paris, je pénètre dans la zone du bassin industriel de la Senne. Le caractère champêtre de la paix paysanne fait subitement place à un paysage affreux.

A gauche, la première des industries locales, les Etablissements VAN EYCK, se signale par un amoncellement  invraisemblable d’énormes touries de verre. Des odeurs nauséabondes de produits chimiques flottent dans l’air.

A droite, sur plus de deux cents mètres, des grilles délimitent le territoire des savonneries. Des  alignements de réservoirs impressionnants reliés par des kilomètres de tuyaux , donnent une idée de l’importance de l’usine LEVER FRERES. Les  poudres à lessiver Soleil et Vigor, son renommé savon SUNLIGHT qui se vend en paquets de deux briques, sont connus de toutes les ménagères. Produit d’hygiène d’une pureté garantie, recommandé par les dermatologues, il avait le privilège d’avoir été choisi par nos mères  pour répandre partout une agréable sensation de propreté….

… Arrivé rue des Trois Fontaines, juste avant de franchir le pont de la Senne, je vois pour la première fois le nom de la firme que je recherche, étalé en grandes lettres noires, sur une façade latérale d’un bâtiment. Les ateliers DEMOOR sont implantés entre la Senne et le canal de Charleroi . L’aspect extérieur est vraiment peu engageant, tout semble si triste, si sale. Quelques moments d’hésitation, j’étudie l’ensemble avec appréhension, un assaut de pensées, de souvenirs me font revoir en quelques instants le film des événements qui m’ont conduit ici. Nous sommes le 2 août 1943, depuis trois ans déjà nous subissons les vexations  d’une occupation allemande insupportable, cette période d’insécurité marquera ma jeunesse ».

           

            Montrant un intérêt particulier pour le dessin technique et l’arithmétique, le

            jeune Paul MARTENS souhaite devenir dessinateur industriel et aussi, par son

            salaire, pouvoir aider ses parents au ravitaillement du ménage, car tout coûtait

            cher en ce temps de guerre.

 

LE PARC DU BEMPT .

 

            Départ : Carrefour de l’Avenue du Bempt et de la Chaussée de Neerstalle.      

 

1 – Le Bempt – définition.

 

004            Bempt signifie pré, prairie ; il s’orthographie aussi  bempd ou beempt et, selon les cartes consultées, à certaines époques, ce mot était remplacé par weide, vocable plus proche de « pâturage ».

A Forest, c’est le mot « bempt » qui prévaut et il désigne  les prairies soumises autrefois

aux effets des inondations. D’autres « bempden » existent dans d’autres communes…

NB : avec Verniers, nous considérerons que le pluriel s’écrit « bempden » .

 

Le nôtre, sa situation. Le  Bempt se situe aux confins Sud-Ouest de notre Commune. Il est délimité par la chaussée de Neerstalle, la rue Max Waller, la rue de Hal, le boulevard

de l’Humanité et la chaussée de Ruysbroek.

 

Superficie. En 1999, nous disions une vingtaine d’hectares.                                                                                                                                                                      Aujourd’hui, elle s’est rétrécie comme peau de chagrin…

            Bruxelles-propreté a bétonné une première zone semi-naturelle avec notamment

            un site dunaire remarquable.

            VW a asphalté la partie la plus spectaculaire du parc ; adieu aux 233 plantes

            repérées dont notre dernière orchidée forestoise.        

            Ajoutons à cela quelques firmes privées qui s’y sont installées …

De nombreux lieux-ditsexistent encore dans la mémoire de certains et dans les cartes d’antan. Verniers, Vokaer et d’autres  en ont glané dans les archives… beemdeken van Sint- Alena,  boechtbeemd, boxbeemd, cameren beemd, bertel box beemd, gemeine bempden van Vorst, grotes bempt, hollendbeempt, koebemd, wisselbempt…

 

2 – Chaussée de Neerstalle.

 

SDC11101            Déjà indiquée sur les cartes les plus anciennes, cette Chaussée reliait le centre de Forest au hameau de Stalle, en suivant de très près le tracé du Geleitsbeek.                  Espace Wenseleers. En 1890, Hector Wenseleers bâtit sa demeure dans un domaine magnifique, en bordure de la Chaussée de Neerstalle. Son épouse, férue de botanique, y fit planter sa fleur préférée : le fuchsia. Vers 1910, une usine émerge de terre, en face de la propriété.                                                                                                                                                                                                                                                                           Tresses, lacets et passementeries y sont fabriqués par une équipe d’ouvriers, encadrés de contremaitres qui possèdent sur place leurs quartiers. Ainsi l’usine se voit-elle cernée de maisons ouvrières.                                                                                                    Plus tard, Edouard, fils d’Hector, diversifie la production de l’usine. Chimiste de formation, il développe des brevets de tuyaux d’incendie dont la trame, tissée et entourée de plastique, se révèle imputrescible et, bien sûr, ignifugée. Testée jusqu’au pôle sud, ce matériau inédit fait tourner l’usine jusqu’en 1960 lorsque celle-ci commence son déclin. L’usine ferme définitivement ses portes dans le courant des années ’70. « La succession Wenseleers lotie à Forest » , lisait-on en grand titre dans le journal « Le Soir » du 9 octobre 1996 ? Il en résulte la création du Clos des Fuschias et la rénovation des immeubles de la Chaussée de Neerstalle.                                                                  Deux cheminées témoignent encore des activités industrielles qui s’y sont déroulées. Elles ont vu s’installer successivement la blanchisserie Schultz, la firme Préaux, la robinetterie Prestos et la chaudronnerie Ghyssens.

Le Zandbeek 2. Nous l’avons évoqué au cours de notre promenade n° 2 consacrée au Parc Jacques Brel. C’est ici, sur ce site, qu’il se jetait dans le Geleytsbeek . Il continuait encore, en sous-sol, à l’égout. Et, pour éviter la saturation du Geleytsbeek – c’est l’hypothèse la plus souvent retenue -, un siphon permet le passage, sous la chaussée de Neerstalle, du trop-plein d’eau vers l’égout du Zandbeek 1 . Lors des derniers travaux qui ont précédé la mise en fonction de la station d’épuration des eaux de Bruxelles-sud, ce  processus n’a plus eu aucune raison d’être. Le mécanisme existe encore mais il n’est plus employé.

Art Nouveau. La villa des Trois Fontaines et les maisons voisines ont été construites au moment où triomphait l’Art Nouveau. Particulièrement présent aux environs du Parc de Forest, nous avons écrit à propos de cet A.N… « De 1885 à 1914, cet art puissant et original a marqué le cadre de vie des citoyens. Tant dans l’architecture ici que dans les arts décoratifs de l’époque, l’A.N. met en valeur notamment la beauté de la ligne courbe et ses nuances infinies, le retour à la nature et aux formes féminines. Il s’étend à l’Univers entier en intégrant parfois des figures d’inspiration japonaise. Enfin l’esthétique doit faire partie de la vie quotidienne et les innovations de la science contribuent à son succès. » . On en retrouve des témoignages particulièrement dans la façade des deux maisons voisines. Par contre, notre villa, avec sa tourelle d’angle, relève plutôt d’un style néogothique cher aux années 1890. Ce mélange de styles relève du genre éclectique fréquent à l’époque de Léopold II.

 

3  - Hydrographie.

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            Nous retiendrons essentiellement le Geleytsbeek, le Zandbeek 1, le Zandbeek 2        -voir la promenade 2 consacrée au parc Jacques Brel- et le Zwartebeek. Nous consacrerons le paragraphe suivant à l’étude de la Senne et aux inondations qu’elle provoque régulièrement.

Le Geleytsbeek.  C’est sur ce puissant ruisseau que s’installèrent les premières industries de Forest. Il est maintenant à l’égout  depuis plus d’un siècle. Il prend sa source au pied du Diesdelle au Vivier d’Oie à Uccle et y reçoit principalement les apports du Linkebeek et de l’Ukkelbeek.

Le Zandbeek 1.  Beaucoup plus modeste, il coulait en contrebas de la Chaussée de Neerstalle. Nous en évoquerons le tracé tout au long de notre promenade. Il se gonflait des eaux du Zandbeek 2, provenant de l’actuel quartier Stuart Merryl. Assez curieusement, le Zandbeek 2 rejoignait le Zandbeek 1 en passant par un siphon sous le Geleytsbeek.Il y a peu de temps le mécanisme fonctionnait encore parfaitement signalait Max, un membre éminent de notre Cercle d’Histoire et du Patrimoine. Pas plus que d’autres il ne pouvait certifier la raison de ce système. Nous en gardons une hypothèse : les égouts du Geleytsbeek étaient parfois saturés et, pour éviter les inondations, il avait fallu avoir recours à ce système.

Quant au Zwartebeek, il a plus souffert en quelques années que depuis sa lointaine existence. Mis à l’égout au prix des pires souffrances, il va peut-être revoir le jour. Il y a quelques années, au cours d’une conférence organisée par l’Institut Bruxellois de Gestion de l’Environnement, il était question de prolonger le Geleytsbeek ucclois par ce qui reste du Zwartebeek. Objectif : envoyer directement dans la Senne les eaux de ces deux ruisseaux permettant d’économiser leur traitement très coûteux par la station d’épuration des eaux.

 

4 – La Senne.

 007          Que d’épisodes, glorieux ou douloureux, pourrait-on écrire à propos des inondations périodiques du Bempt ancestral !

            La dernière inondation importante eut lieu en 1975. Mais elle ne fut pas due aux débordements de la Senne. Elle résultat des travaux autoroutiers qui bloquèrent les eaux entre la Chaussée de Neerstalle et le centre sportif. On eut droit, à cette occasion, à la visite d’oiseaux rares, voire très rares dans la Capitale : tadorne de Belon, chevalier gambette, chevalier guignette, foulque macroule - une nidification réussie-, hirondelle de rivage.

 

            Louis Verniers, dans son livre « Histoire de Forest », cite les inondations les plus mémorables, hivers et  pluies d’orage d’été confondus : 1614, 1643, 1658, 1662, 1692, 1716, 1728, 1772, 1820, 1850, 1856, 1872, 1883.  Beaucoup plus proche  il y eut  celle de 1953, année au cours de laquelle les eaux envahirent la plupart des prairies du Bempt, menaçant le village de Ruysbroek et isolant  les maisons, notamment celles de la Grand Route à Drogenbos.

 

            Dans son ouvrage « Les Gens de la banlieue », Ege Tilmans raconte…

« … chaque fois que l’éclusier de Hal  ne pouvait plus retenir les flots de la crue, il levait les vannes ; il prévenait les habitants de l’aval par un coup de canon ; en réalité un gros pétard produisait une détonation formidable dont les échos roulaient jusqu’aux portes de la Capitale. »

 

Léon Mégank cite aussi …

 

            « … le Bempt eut ses drames et l’un de ceux-ci  marqua profondément les habitants de cette terre nourricière  qui, si l’on n’y prenait garde, attirait

            dans ses pièges l’imprudent ou l’infortuné. Cela se passait en 1928. C’est en

            plein mois de mai que la faux de la mort, inexorablement, « faucha d’un

            coup, d’un seul »   alors que les prés encore imprégnés du sang de l’hiver

            s’ingéniaient  à composer les  bouquets légers des cardamines et à presser les

            corolles jaune-intense des populages en une multitude de nébuleuses.

            De partout montaient les chants grisollés des alouettes vers le ciel du vieux

            Brabant. Et les fauvettes  dans les buissons reverdis, babillaient, emportant

            les notes claires et limpides en une confusion débordante d’énergie. Les

            « berkusen » s’activaient dans les jardins, ratissant, éclaircissant ou semant                en d’augustes gestes, glorifiant une manière de renouveau par l’expérience

            et les « trucs » transmis par les anciens.

            Alida, fille unique d’une modeste famille de Drogenbos, devait se rendre à

            une fête. Et, pour la circonstance, elle avait déjà glissé au doigt sa bague de

            sortie. Le dimanche s’annonçait beau et tout semblait concourir à la réussite

            d’une journée pas comme les autres.

            Avant tout, il fallait donner à boire aux vaches. Alida alla puiser de l’eau

            dans les paisibles  éléments de la Senne, à l’endroit encore reconnaissable

            aujourd‘hui où la grand-route, passant à raz de trois maisonnettes, entame

            sa double courbe lorsqu’elle chemine vers Drogenbos-village.

            La jeune fille a-t-elle perdu pied, a-t-elle été prise d’un malaise ? Nous ne le

            saurons jamais. Toujours est-il qu’Alida  y perdit la vie et que sa candide

            jeunesse se noya dans la rivière fatale.

            C’est un certain  Alphonse Rots qui se chargea d’aller repêcher l’infortunée               Alida.    Jules, qui venait d’être opéré, se dépêcha sur les lieux, accompagnant

            son frère Jean-Baptiste et deux autres volontaires…. On ramena Alida                        

            étendue sur une courte échelle et le cortège funèbre écrivit une des pages 

            les plus tragiques de ce pays de la Senne.

 

ALIDA est toujours présente chez nous, en cortège parfois, ou à la salle des guichets de notre Hôtel communal. C’est notre troisième géant.

 

            Si l’on pouvait parler des calamités des inondations, n’oublions pas que ce sont  les alluvions déposées au cours des millénaires qui ont fait la richesse de la vallée, et que du limon ont vécu des générations de maraîchers et de métayers. Il nous reste à présent l’étang du Bempt et ses abords, notre « Zwin » à nous .Consolons-nous ; on peut y  observer  la poule d’eau, le col-vert, le héron cendré, la mouette rieuse et l’ouette d’Egypte. Mais avec un peu de chance, on aura peut-être l’occasion  d’admirer aussi le goéland argenté, le goéland cendré, le canard mandarin et le grand cormoran.

            Autres temps, autre faune !

 

 5 – Les fermes et les fermettes.

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            Les fermes et les fermettes étaient nombreuses à Forest et particulièrement dans le Bempt. Avec Verniers nous avons évoqué la ferme Marcus Stallaert.  Ici, nous foulons les terres de la ferme Mattheys dont les bâtiments s’étendaient à front de la Chaussée de Neerstalle. Il nous en reste deux noyers qui portent encore allègrement leurs fruits savoureux. Détruite en 2000, on y pratiquait notamment le petit élevage : basse-cour, pigeons, lapins…

            Quant à la ferme Michiels, elle a été reconvertie et abrite la Cairn. Le dernier exploitant était  Pierre Robi  maraîcher à la fin de sa carrière. De cette ferme subsiste encore une annexe importante qui abrite « le petit train à vapeur ». Quelques arbres fruitiers existaient encore, ils rappelaient la présence de vergers qui accompagnaient toute exploitation agricole.

            Les temps changent et même parfois très rapidement. Les terres agricoles sont envahies simultanément par les 011habitations de nouveaux Forestois et par une industrie très importante et très diversifiée. Simultanément, le nombre croissant d’habitants impose des cultures maraîchères susceptibles de nourrir tout ce monde. Les maraîchers, nos « berkuzers » , prennent la relève. Le dernier d’entre eux, Jacques, vient de décéder. Il nous reste nos jardiniers du dimanche pour perpétuer la tradition.

 

6 - La villa des Trois Fontaines.

 

            Il était une fois un certain Egide MICHIELS qui fut, paraît-il écuyer à la cour du roi                                                                                                      Léopold II.  C’est ainsi que commence cette petite histoire… sans histoire.

Et pour demeurer fidèle à la tradition des petites histoires, madame Michiels donna à son époux la joie de proclamer qu’il eut beaucoup d’enfants. Egide Michiels eut le bonheur en effet de conduire au baptême cinq  héritiers.

Il y eut Eugène, qui installa son exploitation agricole au 72,  chaussée de Ruysbroek, une ferme imposante dont on pouvait encore voir, il y a peu, les restes à deux pas du Zwartebeek.

Il y eut Edouard, qui fut directeur de la Société Anonyme de Stalle, laquelle fabriquait et teintait les tissus. Une rue lui a été dédiée ; elle se trouve sur Uccle et aboutit à la Rue de Stalle.

Il y eut Félix, employé au Ministère des Affaires Etrangères et Henry décédé prématurément à l’âge de 32 ans .

 

013Enfin, il y eut Jean-Baptiste, le brasseur, né le 19 mars 1860 qui fit construire la jolie villa des Trois- Fontaines , celle que les riverains appelèrent très vite du surnom de  Campagne . Elle était sise à un saut de perche du Geleytsbeek, ou Maelbeek, coulant à ciel ouvert   son eau pure issue du Vivier d’Oie.

La Villa des Trois -Fontaines - l’inscription est toujours lisible en dessous  du balcon à front de rue- date de 1900 et une loggia, sorte d’avant-scène fort élégante, décore l’angle de la façade bien dans le style  Belle Epoque.

Les vitraux aux initiales de M-J qui décorent le hall d’entrée et qui sont inspirés de ceux de la brasserie Van Haelen, représentent Gambrinus, un roi qui, s’il faut en croire la légende brabançonne aurait vécu au temps de Charlemagne et passe pour avoir inventé l’art de brasser la bière.

 

« Gambrinus, je m’appelais de mon vivant.

J’étais roi des Flandres et du Brabant.

En prenant de l’orge , du malt, j’en ai fait :

La bonne bière  par mon savoir était née.

C’est pourquoi les brasseurs en toute bonne foi

Peuvent dire que leur grand-maître est un roi. » 

 

            Ainsi chantait-on au XVI° siècle les vertus du roi Gambrinus, représenté avec une couronne de houblon et chevauchant un énorme tonneau. Personnage légendaire, Gambrinus est en fait l’amalgame de deux figures historiques confondues dans la tradition populaire.      La première est Jean Primus, qui,  au XIII ème siècle, fut duc de Brabant sous le nom de Jean 1er. L’autre est Jean Sans Peur, héritier du précédent et surnommé l’Intrépide.

Mais revenons à nos moutons et à Jean-Baptiste qui se lança dans l’élevage … du mouton ! Longtemps les Forestois purent admirer le spectacle bucolique que donnaient le troupeau de 100 moutons et le berger, « Gilles », affecté à sa garde.

 

7 - Classement de la villa et du parc des Trois Fontaines.Natagora.

 

                        Pour éviter toute confusion, si le texte évoque le parc du Bempt, il ne concerne en réalité que le site « des Trois Fontaines ». Dommage !

 

            C’est sous l’impulsion de Charles Picqué, alors Ministre-Président de la Région de Bruxelles-Capitale  que, le 17 septembre 1992, le site a été classé en raison de sa valeur esthétique …Il est par conséquent interdit  d’y effectuer tous travaux de nature à modifier l’aspect général  …., de poursuivre, chasser, capturer ou troubler de  façon quelconque toutes espèces d’animaux sauvages, de prendre ou de détruire les œufs ou les nids.

Plan : c’est ce plan que nous utilisons comme support à la page suivante.

 

014LE PARC proprement dit  par Léon Meganck. Agrémenté d’une pièce d’eau en forme de poignée, le parc est dessiné en fonction des courbes de cette dernière. Ainsi, partant de  la villa, le promeneur va à la découverte d’une nature aménagée au début du siècle. Les goûts de l’époque étaient portés  vers les aucubas, les ifs et les lauriers-cerises. On peut en voir quelques massifs à proximité de l’immeuble. Des érables, un charme, deux beaux platanes, des hêtres, un tilleul…se partagent l’espace compris entre la maison et l’ancienne dépendance. Au bord de l’étang s’étale un des rares ensembles à Forest de crocus et de perce-neige. Le coup d’œil est féerique  à la pleine floraison, quand un soleil d’eau  inonde d’espoir l’atmosphère, où retentit alors le chant du pouillot véloce…

 

Depuis quelques années, NATAGORA a entrepris d’aménager ce parc selon les principes de l’opération « Nature au Jardin » avec l’aide de la Commune de Forest, de la Région de Bruxelles-Capitale et de Bruxelles environnement, l’IBGE. Quelques grands  panneaux, abondamment illustrés, vous présentent les plantes grimpantes, le sous-bois et la haie naturelle. Les informations y sont très intéressantes, mais les organisateurs vous conseillent néanmoins de les compléter en consultant les sites www.forest.irisnet. be  ou

www.natureaujardin.be

 

Parmi les arbres du parc, le PEUPLIER noir. C’est un arbre du genre Populus, de la famille des Salicacées à laquelle SDC10783appartient aussi le saule. De nombreuses espèces se sont répandues chez nous parmi lesquelles le peuplier d’Italie, le peuplier blanc, le peuplier du Canada et bien d’autres encore. D’autant plus que ces espèces engendrent des espèces hybrides dont il est parfois bien difficile d’effectuer la détermination. Ces arbres apprécient les lieux humides où ils croissent rapidement. Parmi leurs caractéristiques, retenons…

Les fleurs mâles sont des chatons  pendants à anthères pourpres apparaissant en fin d’hiver avant les feuilles. Les fleurs femelles sont en général plus petites, à stigmates roses ou rouges.

Vers le mois de juin, les fruits libèrent des graines pourvues de poils abondants, cotonneux.

 

 

8 – Le Petit Train à Vapeur de Forest.

            www.ptvf.be

            informations concernant les activités : 02 376 69 96 ;

            ptvf.info@gmail.com

            323b, Chaussée de Neerstalle, 1190 Forest, Bruxelles.

 

SDC11140Le « Brussels Model Steam Club », association sans but lucratif, conçut l’idée en 1984, d’y pratiquer le modélisme ferroviaire à grande échelle, avec une préférence pour la vapeur, ceci afin de perpétuer un mode de traction disparu. Le B.M.S.C. fit cependant faillite et les installations furent reprises par un autre cercle, « le Petit Train à Vapeur de Forest. P.T.V.F » en 1991. Le club actuel a la reconnaissance culturelle de la Communauté Française de Belgique. Et il n’est pas peu fier de constituer le record du monde du plus long train miniature de voyageurs. Ce record fut homologué par huissier et figure au  Guiness Book.

Selon la documentation reçue… «  En bordure de Bruxelles, dans un parc ravissant, de fabuleuses petites locomotives à vapeur, hautes de 40 cm, vous emmènent sur un magnifique réseau de près de 1000 m à travers pelouses, buissons et sous-bois. Chaque locomotive est une réplique parfaite à l’échelle d’un modèle ayant existé et chaque machine est entièrement réalisée à la main. Chacune d’elle peut tracter plusieurs wagons sur lesquels une vingtaine de passagers amusés, enfants, parents, grands-parents, assis les uns derrière les autres, savourent les joies d’une SDC11145promenade originale…Notre réseau comporte aujourd’hui 24 aiguillage, un pont de 12 mètres enjambant un petit étang, une plaque tournante, un dépôt et une gare de triage, une cabine d’aiguillages, une gare de voyageurs et une « Buvette des Vieux de la Bielle ». Le réseau compte près de 1000 mètres de voies. »

 

 

9 – En pleine euphorie coloniale…

 

            … on baptisa des rues à consonance africaine. C’est ainsi que la géographie de l’Afrique centrale a influencé leur dénomination dans le quartier du Bempt. On y  trouvera

la Rue du Katanga, le 20 septembre 1935,

la Rue de Lusambo et la Rue de Lisala le 18 novembre 1925,

et … la Rue du Tanganika créée le 11 juillet 1923. Il reste des traces de cette dernière dans le plan de DE BOECK et un début de cette rue sur le terrain. Deux firmes importantes y ont élu domicile. La rue est accessible au public, mais, pour des raisons évidentes de sécurité, une grille d’entrée y assure une certaine tranquillité.

La rue du Kivu et celle de l’Uélé n’ont toujours été que des projets avortés.

 

10 - Les Lutins du Bempt, par Léon Meganck.

015

            Au temps jadis, les villageois, des gens simples, ne connaissaient ni le cinéma, ni la télévision et laissaient libre cours à l’imagination pour expliquer à leur manière les multiples manifestations du temps et de la nature. Les superstitions naissaient de la peur ou des interprétations erronées comme aussi des calamités qui frappaient la population et qu’on imputait parfois aux forces du Mal.

            Ainsi les légendes enflammaient l’esprit des villageois au coin de l’âtre à l’heure où les chauves-souris virevoltaient SDC11128autour des habitations et quand la chouette lançait ses « lugubres appels ». Certaines histoires étaient d’autant mieux alimentées qu’à l’époque, les naturalistes et les observateurs sérieux ne couraient pas les rues.

            On sait que le lieudit « Verdoemenis » - endroit maudit- proche du Galgenberg (Altitude Cent) a donné lieu à des histoires fantastiques et effrayantes. Les Forestois ont eu droit au Duvelsvijverken – le petit étang du Diable- au quartier du Quakenbeek et au Toveressenbosch –bois des sorcières- dans la quartier Kersbeek.

 

            Dans le Bempt circulaient d’étranges légendes relatives aux Lutins. Mais connaît-on l’origine de ces crieurs, appeleurs et autres ténébrions qui poussaient des cris lamentables, geignaient à donner des frissons et mignardaient les jolies Nelke ? Que n’a-t-on raconté sur le Kabouter que l’on voyait dans chaque auberge, son bock et sa pipe de Gouda posés à la table d’hôte, près de la chaufferette ?

            Dans sa grande encyclopédie des Lutins, Pierre DUBOIS dit à propos de ceux-ci « qu’ils lutinent, taquinent, SDC10819turlupinent, encoquinent , se faufilent et se volatilisent ».Je me permets à mon tour de lutiner sur base de quelques explications toutes simples qui vaudront ce qu’elles vaudront.

 

D’abord il y a ces « maudits » saules têtards, si chers à Méphisto. Ils étaient  quelque uns à camper leur silhouette inquiétante dans les prairies du Bempt. Il y en avait exactement 28 et tous eussent mérité un surnom, tant ils se caractérisaient par leurs contorsions et leurs grimaces douloureuses propres. Ce sont eux, c’est sûr qui hébergeaient ces sacrés Lutins ! Sinon à quoi servaient ces trous et ces crevasses mystérieuses. Quelle était l’identité réelle de ses habitants troglodytes ?

Il y avait d’abord la chouette chevêche, l’oiseau d’Athena qui lançait son appel glacial dès la tombée du jour et qui a tout l’air d’un gnome avec sa tête pivotante et ses yeux exorbités. Il y a aussi ces « horribles » chauve-souris, mauvais présages, véritables suppôts de Satan, toujours à la recherche de cheveux accueillants.

Plus mystérieux encore, il y avait dans le verger Wenseleer, le lérot, cousin funambule de l’écureuil qui apparaissait comme un spectre dans la lumière des torches et qu’on retrouvait, faisant le mort, dans les greniers et les réserves de fruits. A n’en pas douter, c’était bien un Lutin malfaisant. Que dire alors du Sphinx tête de mort qui hantait les nuits enveloppantes des peupleraies ? Il n’est pas besoin de longues phrases pour dire ce qu’il véhiculait.

Dans les bois morts, le mulot mystifiait le maraîcher ordonnant son jardin. Ressemblant à une souris, vif comme un feu follet, on suivait avec peine les déplacements du troglodyte mignon qu’on surnomma très justement le Lutin des fagots. Autre source de frissons et de sarcasmes : les éclats de rire du pic vert. Celui-là menait en bateau celui qui tentait de le découvrir ou de le poursuivre d’arbre en arbre. Cette voix « esclaffante », c’est évident, c’est le rire moqueur d’un Lutin en vadrouille le jour !

Mais il n’y avait pas que les mammifères, les oiseaux ou les insectes. Le vent, venu  du royaume de Féerie chuchotait dans les roseaux du bord du Zandbeek et murmurait sans doute des histoires incompréhensibles pour le commun des mortels.

Le brouillard apportait aussi sa part de mystère lorsqu’il rendait les formes tout à fait imprécises, parmi lesquelles les Lutins qui profitaient de la confusion.

Le Bempt, c’est entendu, était synonyme d’inondation. Quand le ciel « s’abattait sur les prairies basses des rives de la Senne, la population était en deuil ». Toutes les forces du Mal se conjuguaient pour noyer toutes les caves du voisinage. Dans les eaux stagnantes on voyait des remous et on espérait la réapparition des Lutins bénéfiques.

 

11 – En suivant la promenade verte…

 

            La promenade verte est une magnifique balade de plus de 60 km qui permet aux piétons et aux cyclistes de faire le tour de la Région Bruxelloise  en y découvrant ses espaces verts les mieux conservés. La richesse de ce parcours réside dans l’étonnante diversité de ses paysages. A certains endroits, c’est la campagne que nous découvrons, ailleurs ce sont des parcs aménagés, des bosquets, des marais…

            Venant d’Uccle elle a traversé la Forêt de Soignes, longé le Bois de Verrewinkel, parcouru les réserves naturelles du Kriekenput, du Kinsendael et du Keyenbempt. A Forest, elle parcourt la Chaussée de Ruysbroek, la Rue des Lutins, le Parc du Bempt, le Boulevard de la 2ème Armée Britannique, les tunnels et les chantiers des chemins-de-fer et la rue Bollinckx.

            Arrivée à Anderlecht, elle longe la Senne, traverse le canal par le Pont d’Aa, et s’offre plus de deux heures de nature dans le Parc du Vogelzang et les paysages ruraux vers le Parc de la Pède.

            Au cours de notre partie forestoise, observons nos arbres des zones humides-le peuplier noir déjà évoqué-, l’aulne et le saule en n’oubliant pas d’accorder un peu d’attention à la  touffe de gui, au sommet d’un de nos peupliers et, vers Anderlecht, le nid du faucon pèlerin fixé sur la tour de refroidissement de notre premier TGV – Transformation Gaz-Vapeur.

 

SDC10784L’aulne.   L’aulne glutineux est une des espèces d’aulnes. Ils appartiennent à la famille des bétulacées. De notre observation, retenons particulièrement…

Les feuilles sombres sont plus claires en dessous et typiquement échancrées au sommet.

Les fleurs mâles sont des chatons pendants, pédicellés en forme de massue de couleur violette.

Les fleurs femelles sont plus petites.

Les fruits sont des petits cônes, appelés strobiles, qui contiennent des akènes , fruits ailés dispersés à maturité par le vent.

Quelques caractéristiques à retenir. C’est une espèce pionnière car elle colonise les friches et prépare le terrain pour d’autres plantes plus exigeantes.

Les racines possèdent la faculté de fixer l’azote de l’air grâce à des micro-organismes lui permettant de vivre là où SDC10788d’autres espèces périssent.

Nous ferions preuve d’inconvenance si nous ne rendions visite aux vieux saules têtards du Bempt qui sont , à la fois, le complément de l’étang et les vestiges d’une très ancienne pratique des « berkuzen ». Chaque arbre, dans des contorsions pittoresques, affiche une attitude propre qui tente le crayon de l’artiste. Ces vieux saules décharnés étaient l’habitat de nos lutins. Avec un peu d’habitude, on peut encore deviner leur visage dans les formes boursouflées des écorces.

 

Il y a aussi l’alignement des peupliers de Canada, de belle prestance. L’un d’eux porte une touffe de gui (Viscum album). C’est l’ultime représentant à Forest. Les graines de cette plante parasite sont véhiculées, préparées et déposées sur le branches des peupliers, des pommiers, des aubépines et des robiniers par la grive draine . Cet oiseau de la familles des turdidés ne passe plus que rarement dans notre Bempt.

 

Le faucon pèlerin.  Bien avant leur retour dans les tours des SS Michel et Gudule, le Faucon Pèlerin était présent chez 016nous  sur la tour de refroidissement du T.G.V – Transformation Gaz Vapeur. C’est le Fonds d’Intervention pour les Rapaces (F.I.R.) qui a réimplanté deux sujets immatures en pleine santé. Ils ont adopté d’emblée les conditions artificielles de leur milieu d’accueil. Nous pouvons observer l’emplacement du nid à 80 m de hauteur. C’est depuis le parc du Vogelzang à Anderlecht qu’on peut plus facilement observer l’oiseau .

12 – L’étang du Bempt.

C’est une création artificielle qui date de 1984. Il est formé de deux bassins reliés entre eux par un canal en crochet. C’est le plus grand plan d’eau de Forest et il est uniquement alimenté par les eaux de pluies et de ruissellement. Par sa superficie et sa situation privilégiée, l’étang SDC10205attire une quantité d’oiseaux familiers des surfaces bleues : col-vert, poule d’eau, mouette rieuse, ouette d’Egypte, canard chipeau, canard mandarin, héron cendré, chevalier guignette, foulque macroule…

Les poissons étaient nombreux, mais depuis les grands travaux exécutés en 1999 et surtout depuis l’assèchement inexpliqué il y a peu, aucun recensement sérieux n’a été effectué.

Une première dans notre parc : l’ouette d’Egypte nous a fait admirer ses oisons qu’elle promenait fièrement dans la grande prairie ou sur les eaux calmes de SDC11119l’étang.  C’était avant la période d’assèchement évoquée au paragraphe précédent. Depuis lors, l’activité reprend tout doucement mais il faudra certainement quelques années avant de retrouver l’animation d’antan.

 

13 – Les terrains de sports.

Les activités y sont nombreuses : plusieurs équipes de football se partagent les terrains.

On y pratique aussi le rugby, la pétanque, la pèche, le parcours santé et, si nous ajoutons le karting, le Petit Train à Vapeur, le dressage pour chiens…on constatera que ce parc du Bempt est de plus en plus consacré aux loisirs.

Informations complémentaires : service des Sports, Commune de Forest.

 

 14 – Les potagers.

Nous sommes dans la zone potagère comprise entre la Rue de Hal/Boulevard de la 2ème Armée Britannique, la rue du SDC10798Katanga, la Chaussée de Neerstalle et les terrains de sport. Au passage, nous pouvons observer un fossé bétonné, remplaçant l’ancienne dérivation du Zandbeek. L’espace est réservé à la culture. Les « petits colons » peuvent s’adonner à la passion du légume frais. L’importance des cultures maraîchères à échelle réduite a été mise en lumière par le Professeur Paul Duvigneaud.

 

C’est un peu à l’arrière, au 233 de la Chaussée de Neerstalle, qu’on pouvait encore voir la dernière fermette « active » occupée par Jacques Verheylewegen. Le jardin, malgré sa réduction due à la construction de garages, produisait toujours des choux et des salades selon la méthode du grand-père, Pierre-Jean Dequanter.

 

 

15 - LES MARAICHERS .

 

            Henri Herdies, l’auteur des « Pages Forestoises », situe l’origine des « Berkusen » dans la Corporation Bruxelloise 019des Maraîchers, créé en 1385,  associée aux Scieurs de Long, dans l’emblème de la Corporation de Notre-Dame.

            Les berkuzen  recherchaient très logiquement les terres irrigables, l’eau étant l’élément essentiel à l’essor de leurs cultures.  D’où le vocable «  marais aux légumes ».

            Le nom de maraîcher traduit en tous cas l’attache de la profession aux lieux marécageux. Il provient de l’ancienne forme de « marescher », du vieux terme français            « maresc », marais.

En conclusion, on peut dire que le maraîcher était un cultivateur des terres marécageuses ou des terres irriguées, un « berkuus »des plus typiques.

 

Voici quelques savoureuses anecdotes glanées au fil de quelques entretiens avec les derniers « berkuzen » de Forest : Jules Nielen, Pierre Robi, Jean Dequanter, Monske Tielemans, Govers et Vierendeel, sans oublier notre dernier représentant, Jacques Verheylewegen, décédé, lui aussi, depuis peu.

 

… Le camion , tiré par un cheval, transportait de 1000 à 1500 kg  de légumes. Le  déchargement se faisait à la Grand’Place à Bruxelles à 4 h1/4  précises ; mais on ne pouvait pénétrer  en ville qu’à 4 heures.

En été, cependant, les maraîchers se levaient à  1h1/2 du matin pour se trouver à 3 h déjà aux portes de la Capitale.

… A la Grand’Place, chacun d’eux disposait d’une largeur de 3m, plus les 2,50 m pour le passage obligé. Pendant le dejeûner, les maraîchers confiaient la place à un  garde-chevaux attitré  qu’on payait 1fr, plus 50 centimes pour le pourboire. « In Kelderkes » était un de ces établissements, rue des Harengs, où  les courageux cultivateurs mangeaient pour 10 centimes. Et tout ça pour deux tartines et trois tranches de « bloedpanch ».

… La préparation du marché ne se faisait pas sans mal. Ainsi Joséphine, épouse de Jean Dequanter, nous raconte que la veille du départ pour  « la grande aventure », elle nettoyait, dans l’eau froide, 100 bottes de carottes, 100 bottes de radis et autant de poireaux et de céleris ; et ce, en une soirée. Il arrivait, nous dit Joséphine de travailler jusque 22h  et même au-delà !  Quand on sait maintenant l’heure à laquelle la réalité  les arrachait de leurs rêves, leurs nuits étaient courtes.

             Mais  que faisaient donc ces « cultivateurs des marais »pour se distraire quelque peu ?. D’abord, il y avait la guinguette de la " Laiterie du Bempt ", au coin de la rue de Hal.  Sa terrasse, encadrée d’arbustes ornementaux, était on ne peut plus attirante. Et comme de bien entendu, on y mangeait des tartines au fromage blanc, qu’on arrosait  d’une de ces bonnes Geuze-Lambick de « chez Petit ». Surtout, il y avait la salle de danse de « chez Fondu », Chaussée de Neerstalle. Pour 10 centimes, on y avait droit à 3 danses. La redevance étant perçue par 8 personnes désignées à cet effet. Et chaque invité était tenu d’apporter sa botte de légumes, qu’on suspendait aussitôt au plafond. C’est qu’on était maraîcher de son état !

Et qu’y dansait-on ? Il y avait le choix : scottish, valse, mazurka, polka… Loin du rock d’aujourd’hui….

 

            On connaît l’attrait qu’exerçaient les pigeons dans l’esprit de nos ancêtres. Le « duivenmelker » - colombophile - 020excellait dans l’art de construire le « duivenkot ». Les fervents des doux roucoulements fréquentaient assidûment le local du « Pigeon Voyageur » sur la place, celui du « Pigeon Forestois » à côté de l’ancienne poste, celui de   « l’Hirondelle », en face de l’église Saint -Denis ou encore celui du « Faucon » ou « du Pêcheur », place Wielemans - Ceuppens.

 

            Un autre divertissement, croustillant celui-là, nous a été rapporté par Jean Dequanter, dejà cité. Jean, le gai luron du Bempt, avait installé chez lui une distillerie clandestine et fabriquait de l’alcool ! Comme l’industrie  de l’eau-de-vie faisait tout naturellement monter la température à 40°, la pièce était entièrement investie par la chaleur. Mais  Jean  n’en avait cure. Il travaillait tout innocemment en costume d’Adam ! Les pieds dans ses sabots, il ruisselait de sueur sous l’action du « korenbrander ( brûleur ; korenbranderij = brûlerie ;  korenbrandwijn = eau-de-vie de grain ) . Pour plus de précision, le « korenbrander » est un brûleur  de vin ou un distillateur d’eau-de-vie, liqueur extraite par distillation, alcool comestible. Cependant le « genievel » de Jean était fait à partir du sucre cristallisé, de la farine de blé (korenmeel), de la levure et du grain.

Sacré Jean ! Un jour que les Allemands fouillaient le quartier en vue de réquisitions éventuelles, notamment les cuivres, notre maraîcher  ne fit ni une ni deux et versa toute son eau-de-vie, son bon « geneviel » dans le fossé ! Quel gaspillage ! Lui qui avait déjà eu si chaud  dans son plus simple appareil !

            Une époque révolue assurément,

            Mais quels souvenirs… !

                        LEON MEGANCK

                        Extraits du livre inédit " Témoignages des gens de chez  nous".  1978.

 

16 – Rue de la Soierie.

            … et, tout près, Avenue de la Verrerie, rue de la Teinturerie. Le Cercle d’Histoire a récemment consacré une exposition destinée à nous rappeler les industries oubliées de Forest. Il nous reste des noms de rues pour savoir qu’elles existaient et la mémoire émue de quelques amoureux  du passé, de notre passé forestois. Nous vous présentons une photographie de la teinturerie MOMM dont nous évoquons l’existence au cours de notre promenade n° 7, avec la « Campagne Momm », la « rue Momm ». Voici  aussi une photographie  de ce que VW a fait de ce site.

17 – Rue Max Waller.

 

            Mort à 29 ans !!!

            Mort d’un poète extraordinaire, aux mots ciselés, aux pages émouvantes d’amour et d’humour.

 

            Max Waller – 1860 – 1889.

 

Pseudonyme de Maurice Warlomont, né et mort à Bruxelles. Directeur de  la Jeune Belgique jusqu’à sa mort ;  il fut l’homme des défis et des manifestes, plus encore par sa personnalité que par son œuvre et l’âme d’un renouveau littéraire.

 

            VERS.021

            Fidèle en allée infidèle,

            Chère au sourire exquis et doux,

            Mon âme, comme une hirondelle,

            Voltige, voltige vers vous.

 

            Jolie en allée en jolie,

            Cydalise que j’adorais,

            Vers vous, ma folie en folie,

            S’en va sans cesse, et je voudrais,

 

            Perfide en allée en perfide,

            Me classer dans les faits divers,

            Comme un  monsieur qui fait des vers,

            Au fond de l’eau calme et limpide.

 

                        NB – Extrait des « Ecrivains Belges ».

 

18 – Les MOMM.

 

Le teinturerie Momm… les Momm en étaient des propriétaires tellement prospères et généreux qu’il existait une Avenue Momm, une maison de campagne Momm, une école Momm et un home Momm.  Mais les Momm étaient d’origine allemande. En 1918, à la fin de la première guerre mondiale, finis les Momm. Place …

            À l’Avenue de Fléron, du nom d’une place forte à Liège.                                                                                                                         

            A la villa Foresta, toujours existant dans l’Avenue de Haveskercke.

            A la crèche « Le Bercail Forestois » à l’Avenue de Fléron.

            A la Kabakeschool , située au carrefour de la Rue de Liège  et de la Rue Vanpé.

 

La teinturerie Momm, vue depuis les prairies adjacentes.

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19 – Promenade pédagogique.

 

                            Organisée par François Lebon, Professeur de Français,   023                                                          d’histoire…Classes : 1ère et 2ème années. 1999…

Buts : programmes et directives pédagogiques.

Tout particulièrement, la ligne du temps.

            Au départ de l’Abbaye.

            Puis l’Hôtel Communal, siège des pouvoirs législatif et exécutif de la Commune.

            L’époque agricole, les fermes dont celle du CAIRN.

            L’époque maraîchère, nécessaire pour nourrir une population croissante.

            Et différentes époques industrielles.

                        Les premières dont témoignent encore les noms des rues.

                        Les secondes présentées au moyen de photographies.

                        Enfin la démesurée usine VW qui a envahi tout « le bas » de Forest.

Pour terminer par la Villa des Trois Fontaines, son histoire et son parc. Enfin une petite séance d’étude de la Nature avant la récréation fort attendue : un match de football sur un des terrains de la plaine des sports.

 

Antécédents .

De telles promenades avaient déjà été organisées par Léon Meganck, de manière ponctuelle. Celle d’aujourd’hui avait été suggérée par notre Echevin au cours de discussions avec François Lebon et réalisée au cours des années qui ont suivi.  Par la richesse des sujets développés, elle est susceptible d’aborder les problèmes de connaissance de la Nature, de la géographie, de l’histoire…

 

Développements.  Les sujets possibles sont innombrables… traitement des déchets, défense du patrimoine, aptitudes des élèves, expressions orales, écrites, artistiques…

 

Deux remarques importanes.

Depuis lors, nous avons eu l’occasion de comparer la promenade de Monsieur Lebon avec d’autres initiatives semblables réalisées ailleurs. La nôtre, par la diversité de ses sujets, par notre présence sur le terrain est « bien entendu la meilleure ».

 

20 - A Forest, nos belles plantes font le trottoir.

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De la part d’un de nos promeneurs, Lucien…

 
« Me promenant ces jours le long de la Promenade verte qui traverse le Bempt, j'ai pu observer le long du chemin pas très loin de la rue du Katanga de magnifiques floraisons de Verbascum densiflorum
     ( = V.thapsiforme), le Faux bouillon blanc . Des exemplaires aux fleurs jaunes, mêlés à des exemplaires  aux fleurs blanches ! Je n'avais pas d'information sur sa présence actuelle à Bruxelles. Elle est sans doute liée aux aménagements de la Promenade verte.  Mais la vieille Flore de Crépin la renseigne pour Forest (sous le nom deV. Phlomoides), information qu'on retrouve reprise dans J. Goffart....
Sauf erreur de détermination de ma part !
Cela intéressera peut-être quelques botanistes ?
Cordialement. »

 

Léon  les avait aussi observées et photographiées.  Elles sont arrivées spontanément comme me l’ont confirmé deux de nos jardiniers voisins, nos petits colons qui ont succédé aux berkusers évoqués précédemment et qui continuent à cultiver leur lopin de terre avec passion. « Si vous aviez vu les 60 kg de fraises récoltées l’an dernier !!! ».

Ce qui nous a particulièrement intéressés, c’est la haie adjacente à la promenade verte, une plantation effectuée dans les règles rappelées par Natagora à l’aide des panneaux réalisés dans le parc des Trois Fontaines…

 

            « La haie naturelle.

Plantez une haie de diverses espèces boisées plutôt qu’une haie uniforme de thuyas ou de conifères !

Planter une haie…c’est offrir le gîte et le couvert aux oiseaux, aux hérissons et aux grenouilles, aux insectes, aux papillons… C’est offrir une diversité de feuillages, de formes, de fruits, de fleurs, de lichens, de mousses et de champignons… et un meilleur équilibre biologique. Une seule taille par an, en automne, suffit amplement. »

 

Personnellement deux choses ont particulièrement attiré mon attention. D’abord la zone humide et surtout le petit étang voisin qui matérialisent encore le tracé du Zandbeek 1. Puis la diversité des plantes qu’on y rencontre : tanaisie, onagre…et qui rappelle la multitude  des fleurs existant à l’endroit asphalté par Volkswagen.

 

21 – Le Bempt, avec toute notre affection.

 

            Léon a introduit cette étude en exprimant tout son amour pour notre défunt Bempt. En tout cas pour celui qu’il a connu et dont il garde une telle nostalgie ! Personnellement, je ne peux qu’exprimer mon amertume à voir ce que notre « parc » est devenu en quelques années, depuis qu’en 1998 je l’avais choisi comme objectif pour mon mémoire de guide nature.

Il est vrai que depuis lors on a changé de siècle et que l’actualité n’a guère épargné ce petit coin de nature…

            … le parc à chancres du bas de Forest,

            …les opposants à l’incinérateur .

            …Forest craint le bruit du futur centre de tri régional.

            …la station d’épuration des eaux.

            …à l’attaque des odeurs.

            …VW croque-mort du patrimoine forestois.

            …le Bempt, poubelle de Bruxelles.

            …et même la politique locale qui voulait y transférer un chancre supplémentaire,                               

                 Forest National.

 

Ce qui m’avait permis d’imaginer un géant, un très grand géant bien entendu, secouant notre Région Bruxelloise. Tous les détritus tombaient vers le bas, à Forest, dans notre Bempt.

 

Ils y sont restés.  RR

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